dimanche 7 mars 2010

INTRODUCTION

Dans ce livre, il sera question de la voix qui inspire constamment à l'homme la justice, l'humilité, l'honnêteté, la sincérité et les bonnes manières. Cette voix est avec vous tout le temps où que vous alliez, même si vous n'en êtes pas conscients. Vous pouvez alors vous demander à qui appartient cette voix. Elle vous appartient, elle est à l'intérieur de vous, c'est l'appel de votre cons-cience…
Le concept "conscience" est très communément employé. Néanmoins, sa réelle signification, son importance dans la religion, la façon dont se comporte une personne que l'on qualifiera de consciente et les traits qui la séparent d'autrui ne sont guère répandus. Selon la croyance populaire, ceux qui ne jettent pas d'ordures dans les rues, qui donnent de l'argent aux mendiants et prennent soin des animaux perdus sont des exemples de conscience.
Cependant, l'implication de ce concept est beaucoup plus subtile et plus vaste que celle qu'on lui attribue. Le but de ce livre est de présenter le sens véritable de la conscience selon le Coran et d'attirer l'attention des lecteurs sur le raisonnement, le point de vue et la compréhension d'une personne de conscience ainsi que l'importance de cette notion dans la vie après la mort. Vous apprendrez à travers ce livre à identifier la voix de votre conscience et à la distinguer d'autres voix et suggestions venant de votre for intérieur. Vous prendrez connaissance aussi des choses auxquelles votre conscience peut vous faire penser ou accomplir et comment quelqu'un qui agit selon cette même conscience peut porter son âme à la pureté.
Le but principal de ce livre est non seulement d'informer les gens, mais encore d'éveiller leur conscience afin de leur enjoindre à agir, de les encourager à mener le reste de leurs vies selon l'Islam et de leur montrer comment ils s'égareront s'ils n'agissent pas ainsi.


L'INSPIRATION D’ALLAH A CHAQUE HOMME: LA CONSCIENCE


La conscience morale est une qualité spirituelle qui permet à l'homme d'adopter de bonnes attitudes et d'avoir de bonnes pensées. Elle lui permet aussi de réfléchir avec droiture et de discerner le bien du mal. Elle est commune à chacun. Autrement dit, ce qui est juste d'après la conscience morale d'un homme l'est aussi selon celle de tout autre homme. La conscience – dont la source est l'inspiration divine – d'un individu ne contredit jamais celle d'un autre. Allah nous permet effectivement d'appréhender les meilleurs comportements et les meilleures manières qui permettent Son agrément. Nous lisons dans la sourate al-Layl que la conscience est une inspiration d’Allah :

Nous lui faciliterons la voie au plus grand bonheur. Et quant à celui qui est avare, se dispense (de l'adoration d’Allah) et traite de mensonge la plus belle récompense, Nous lui faciliterons la voie à la plus grande difficulté. (Sourate al-Layl, 7-10)

Dans les versets ci-dessus, Allah déclare qu'Il a inspiré à l'âme tant la perversité (agir avec transgression, désobéir, dévier, mentir, se détourner du chemin droit, susciter de l'ennui, décliner les bonnes conduites) que son contraire la taqwa (la crainte d’Allah Qui incite l'homme à se garder des mauvaises actions et à accomplir des actes de bienfaisance qui Lui plairont). C'est donc la conscience de l'homme qui le protège contre les actes néfastes et le guide vers la voie droite. Elle l'aide à discerner le bien d'après sa propre compréhension, sans qu'il soit nécessaire de recourir à un tiers. Nous irons plus en détail sur ce point dans les chapitres suivants. Il importe pour l'homme d'avoir recours à sa propre conscience, d'écouter ce qu'elle suggère et de faire le nécessaire pour s'y conformer. Ainsi, la conscience morale constitue un fondement de la religion, comme nous allons le voir plus précisément dans les chapitres suivants.
Reste un point qu'il nous faut assurément relever : chaque homme, dès lors que sa conscience est en éveil, est responsable devant Allah pour ce qu'Il lui inspire et pour ce que cette dernière lui dit. A partir du moment où il commence à saisir les événements autour de lui et qu'il est capable de juger, il est censé exercer la capacité d'entendre et de distinguer la voix de sa conscience et de montrer la volonté de la suivre. Alors, il est responsable de ce qu'il commet pendant toute sa vie ici-bas. S'il se conforme à sa conscience, il sera récompensé par une vie éternelle dans le paradis d’Allah. En revanche, s'il suit son nafs, il goûtera au châtiment éternel de l'enfer.


ON PEUT VOIR LES PREUVES
DE L'EXISTENCE D’ALLAH GRACE
A LA CONSCIENCE


Toute personne s'interroge sur ce qui l'entoure. Un homme sensé verra facilement qu'il vit dans un monde créé d'une façon extraordinaire, dans un univers parfait.
Réfléchissons l'espace d'un instant à l'environnement et aux conditions dans lesquels nous nous trouvons : nous vivons dans un monde conçu subtilement et pensé jusque dans ses moindres détails. Le corps humain est bouleversant de perfection. Pendant que vous lisez ce livre, votre cœur bat constamment de façon indéfectible, votre peau se renouvelle, vos poumons nettoient l'air que vous inhalez, votre foie draine votre sang et des millions de protéines sont synthétisées dans vos cellules à chaque seconde pour garantir la perma-nence de la vie. Pourtant, l'homme vit inconscient des milliers d'autres activités de son corps, sans même se rendre compte des processus qui s'y réalisent.
Ce n'est pas tout : parlons du Soleil, à des millions de kilomètres de notre planète, qui fournit la lumière, la chaleur et l'énergie dont nous avons besoin. Sa distance d'avec la Terre est tellement bien ajustée que nous n'avons à craindre ni que cette source d'énergie ne nous brûle, ni qu'elle ne soit par son absence cause du gel de la Terre.
Regardons le ciel, au delà de son apparence et de son esthétique, pour apprendre que la masse d'air entourant la Terre protège en même temps l'homme et tous les êtres vivants de toutes éventuelles agressions extérieures. Sans l'atmosphère, aucun être vivant ne survivrait.
Qui réfléchit à cela se demandera comment lui-même et l'univers dans lequel il vit se sont formés et comment ils sont maintenus. Une alternative s'offre alors à lui : soit l'univers entier, les planètes, les étoiles et tous les êtres vivants ont existé à la suite d'une série de coïncidences. Dans cette pers-pective, les atomes, les plus petites unités de la matière, qui errent librement, se sont réunis par hasard pour former les cellules, les animaux, les plantes, les hommes, les étoiles et tous structures et systèmes impeccables et extrêmement complexes qui nous entourent. Soit tout ce que nous voyons a été créé par un Créateur qui a la sagesse et le pouvoir au-dessus du toute chose. Rien ne s'est formé par hasard et que tous les systèmes autour de nous sont conçus par un créateur. Ce Créateur est Allah.
Nous devons nous référer à notre propre conscience pour choisir l'une ou l'autre de ces éventualités. Est-il possible que des systèmes sans faille et minutieux soient apparus accidentellement et fonctionnent encore en parfaite harmonie ? Se référer à sa conscience permet de saisir que tout ce qui se trouve dans cet univers a un Créateur qui est glorifié dans la sagesse et qui a le pouvoir au dessus du tout. Tout ce qui nous entoure porte les signes évidents de Son existence. L'équilibre et l'harmonie parfaits de l'univers et les créatures vivantes sont les manifestations les plus éclairantes d'une intelligence suprême. La preuve est évidente, simple et indiscutable. Notre conscience n'a aucun autre choix que d'admettre que tout est l'œuvre d’Allah, le seul et l'unique Créateur.
Cependant, qui ne se réfère pas à sa propre conscience ne peut pas, par définition, aboutir à cette conclusion, car la sagesse qui est une qualité spirituelle liée à la conscience lui fait défaut. Il faut toutefois prendre garde à ce que nous entendons par sagesse. Contrairement à l'acception commune, la sagesse est ici un concept différent de l'intelligence. Un homme, intelligent et bien informé, est imprudent s'il ne se réfère pas à sa conscience et il est incapable de voir ou comprendre ce qu'il vit. Prenons un exemple qui permet de faire la différence entre l'intelligence et la sagesse, fruit de la conscience. Un scientifique peut mener des recherches très détaillées sur la cellule pendant des années. Il peut même être le meilleur dans son domaine. Cependant, s'il est dépourvu de sagesse et de conscience morale, il ne fera que posséder les connaissances concernant la cellule, sans être capable d'en tirer des conclusions correctes. En revanche, un homme sage saisit les aspects miraculeux et parfaits dans le détail d'une cellule et y reconnaît la main d'un créateur, d'un concepteur, d'une sagesse supérieure. S'il fait usage de sa conscience, il parviendra à la conclusion suivante : le pouvoir qui crée une cellule avec une telle perfection doit aussi être le Créateur de tous les êtres vivants et de toutes choses.
Dans le Coran, nous avons l'exemple du Prophète Ibrahim, qui a trouvé Allah en écoutant la voix de sa conscience :

Quand la nuit l'enveloppa, il observa une étoile, et dit : "Voilà mon Seigneur !" Puis, lorsqu'elle disparu, il dit "Je n'aime pas les choses qui disparaissent. Lorsque ensuite il observa la lune se levant, il dit : "Voilà mon Seigneur !" Puis, lorsqu'elle disparut, il dit : "Si mon Seigneur ne me guide pas, je serai certes du nombre des gens égarés." Lorsque ensuite il observa le soleil levant, il dit : "Voilà mon Seigneur ! Celui-ci est plus grand." Puis lorsque le soleil disparut, il dit : "O mon peuple, je désavoue tout ce que vous associez à Allah. Je tourne mon visage exclusivement vers Celui qui a (à partir du néant) les cieux et la terre ; Je ne suis point de ceux qui Lui donnent des associés." (Sourate al-Anam, 76-79)

Le verset ci-dessus montre comment tel le Prophète Ibrahim, on peut trouver Allah par la sagesse. Grâce à la conscience, ce dernier s'est rendu compte que toutes les choses qu'il voyait autour de lui étaient seulement des êtres créés, très inférieurs au Créateur. Quiconque se réfère à sa conscience aboutira de lui-même à la même conclusion. Toute personne qui réfléchit sincèrement, qui fait usage de sa conscience et se défit de ses passions, peut saisir l'existence et la gloire d’Allah. Si, en revanche, on refuse de voir les faits manifestes et que l'on agit comme s'ils n'existaient pas, on s'avilira. Cette dernière attitude s'explique par un conflit d'intérêts : grâce à la conscience, on sait ce qui est juste et ce qui ne l'est pas. Mais lorsque les intérêts personnels prennent le dessus, on refuse de voir le bien. Accepter l'existence d’Allah signifie accepter de se soumettre à Lui, dont on a infiniment besoin et envers qui l'on est responsable.
Citons un exemple bien connu dans l'histoire scientifique pour montrer comment une conscience voilée peut tromper un homme, malgré son intelligence et sa connaissance. François Crick est l'un des deux scientifiques qui a découvert la structure de l'ADN pendant les années 1950. Il fit sans doute l'une des plus importantes découvertes de l'histoire scientifique, après un travail assidu et une accumulation considérable de savoir et d'intelligence. Cela lui valut d'être lauréat du Prix Nobel.
Pendant sa recherche, François Crick a été tellement émerveillé par la structure de la cellule et de sa conception cachée que, bien qu'il soit un fervent évolutionniste, il a écrit les lignes suivantes dans son livre :
Un homme honnête, doté de toute la connaissance qui nous est disponible aujourd'hui, pourrait seulement déclarer que l'origine de la vie semble, dans un certain sens, à ce moment-ci être presque un miracle, si nombreuses sont les conditions qui auraient dû être satisfaites pour l'entretenir. (François Crick, Life Itself : Its Origin and Nature, New York : Simon et Schuster, 1981, p. 88)
Crick, qui croyait en l'évolution et en l'idée que la vie est le résultat de coïncidences, a vu le détail de la cellule. Il déclare qu'une cellule ne peut pas être formée par hasard et même que cela ne peut qu'être un miracle. Les évolutionnistes, cependant, ne croient en aucune explication autre que la hasard, car le contraire exigerait qu'ils acceptent l'existence d’Allah. Malgré tout, Crick, si impressionné par la perfection de la cellule, a dû avouer son émerveillement. Cependant, Crick n'a pas pu suivre longtemps sa conscience : il dit ne pouvoir accepter l'existence d’Allah et prétendit alors que cette conception entière, qui exige une sagesse supérieure et qui ne pouvait en aucun cas être expliquée par des coïncidences, avait été réalisée par "des extraterrestres". Autrement dit, des extraterrestres, et non Allah, auraient apporté le premier échantillon d'ADN sur la Terre, permettant ainsi le début de la vie !

Cela est un exemple typique de ce qui arrive dès qu'un homme, quelle que soit son intelligence ou son savoir, réprime sa conscience. Ce "scientifique", prix Nobel, a voilé son esprit à tel point qu'il ne peut pas même réfléchir à la question de savoir moment comment un extraterrestre a lui-même pu être créé.
Michel J. Behe, célèbre professeur américain de biochimie, explique sans employer le mot même de conscience, la situation de ce genre de scientifiques :
Durant ces quatre dernières décennies, la biochimie moderne a découvert les secrets de la cellule. Les efforts ont été durs. Des dizaines de milliers de gens ont consacré leur vie au travail ennuyeux qui est celui du laboratoire…
Le résultat de ces efforts cumulés entrepris afin d'étudier la cellule – pour étudier la vie au niveau moléculaire – est un appel fort, clair, et perçant disant "Conception !" Le résultat est tellement évident et tellement significatif qu'il doit être classé parmi l'un des plus grands accomplissements de l'histoire de la science... Ce triomphe de la science devrait provoquer des cris de "Eurêka !" s'élevant de dizaine de milliers de gorges.
Pourtant aucune bouteille n'a été débouchée, nul n'a applaudi. Au lieu de cela, un silence curieux et embarrassé entoure la complexité rigide de la cellule. Quand le sujet est abordé en public, les gens commencent à taper du pied, et leur respiration devient un peu difficile. Les gens sont un peu plus détendus en privé; beaucoup admettent explicitement l'évidence, puis regardent par terre, secouent la tête, et conti-nuent comme cela.
Pourquoi la communauté scientifique n'embrasse-t-elle pas avidement sa découverte étourdissante ? Pourquoi le fait d'observer la conception est-il manipulé avec des gants intellectuels ? Le dilemme est que si l'on assigne le titre de "conception intelligente" à un côté de l'éléphant, l'autre côté devrait porter le titre d’Allah. (Michel J. Behe, Darwin's Black Box, New York : Free Press 1996, pp. 232-233)
Les signes de l'existence d’Allah sont très clairs et manifestes pour tout le monde. Il est évident que le Créateur de l'univers est Allah. Certains refusent l'existence d’Allah, non pas parce qu'ils ne croient pas vraiment en Lui, mais parce qu'ils ne veulent pas être obligés d'agir selon la moralité adoptée par les croyants. Tout le monde reconnaît l'existence et la puissance éternelle d’Allah dans son for intérieur. Cependant, admettre l'existence d’Allah et se rendre compte de Son pouvoir implique une responsabilité envers Lui, ainsi qu'une obéissance à Ses commandements et une vie qui lui est consacrée. Celui qui persiste à refuser cette réalité, bien que conscient, le fait car elle n'est en conformité ni avec ses intérêts et ni avec le sentiment qui l'habite.
Ces gens sont décrits ainsi dans la sourate an-Naml :

Il les nièrent injustement et orgueilleusement, tandis qu'en eux-mêmes ils y croyaient avec certitude. Regarde donc ce qu'il est advenu des corrupteurs. (Sourate an-Naml, 14)

Ce que rapporte le Coran de ce qui eut lieu entre le Prophète Ibrahim – sur lui la paix – et son peuple, adorateur d'idoles, illustre bien ce que nous venons d'écrire. Remarquons que, dans le Coran, le terme "idole" est employé pour désigner tout ce qui peut remplacer Allah dans les croyances. L'idolâtre n'est pas uniquement celui qui adore des statues. Dans le cas des évolutionnistes, considérer les atomes, le temps, et le hasard comme les causes initiatrices de la vie revient à les prendre pour des dieux, alors qu'aucun ne peut créer la vie. Allah seul possède une telle puissance. Allah nous rappelle dans le Coran que le Prophète Ibrahim (psl) a détruit les idoles pour montrer à son peuple que ce qu'ils ont adorées étaient juste des objets n'ayant aucun pouvoir sur les êtres.

Il dit : "Mais votre Seigneur est plutôt le Seigneur des cieux et de la terre, et c'est Lui qui les a créés. Et je suis un de ceux qui en témoignent. Et par Allah ! Je ruserai certes contre vos idoles une fois que vous serez partis." Il les mit en pièces, hormis (la statue) la plus grande. Peut-être qu'ils reviendraient vers elle. Ils dirent : "Qui a fait cela à nos divinités ? Il est certes parmi les injustes." (Certains) dirent : "Nous avons entendu un jeune homme médire d'elles ; il s'appelle Ibrahim (Abraham)." Ils dirent : "Amenez-le sous les yeux des gens afin qu'ils puissent témoigner." (Alors) ils dirent : "Est-ce toi qui as fait cela à nos divinités, Abraham?" Il dit : "C'est la plus grande d'entre elles que voici qui l'a fait. Demandez-leur donc, si elles peuvent parler." (Sourate al-Anbiya, 56-63)

Ainsi, les incroyants ont vu que ces idoles ne pouvaient pas répondre à leurs appels : elles n'étaient que des effigies impuissantes, incapables de se défendre, encore moins de créer quelque chose; ils s'en remirent alors à leur conscience :

Se ravisant alors, ils se dirent entre eux : "C'est vous qui êtes les vrais injustes." (Sourate al-Anbiya, 64)

Cependant, peu de temps après, ils revinrent à leur ancienne croyance, niant d'une manière hautaine et arrogante ce que leur conscience leur avait pourtant dit.
Puis ils firent volte-face et dirent : "Tu sais bien que celles-ci ne parlent pas." Il dit : "Adorez-vous donc en dehors d’Allah, ce qui ne saurait en rien vous être utile ni vous nuire non plus. Fi des vous et de ce que vous adorez en dehors d’Allah ! Ne raisonnez-vous pas?" (Sourate al-Anbiya, 65-67)

Ils sombrèrent alors dans l'angoisse et résistèrent fortement à ce qu'ils avaient pourtant accepté. Ils ne voulurent plus admettre la vérité et éprouvèrent une haine intense contre ceux qui déchirèrent le voile qui couvrait leur conscience. Ils tentèrent même d'assassiner les messagers pour préserver leurs fausses croyances :

Il dirent : "Brûlez-le. Secourez vos divinités si vous voulez faire quelque chose (pour elles)." (Sourate al-Anbiya, 68)

On retrouve ce genre d'attitudes à tous les niveaux de la société : chez un scientifique distingué, qui a effectué plusieurs découvertes pour l'humanité, chez un homme d'affaires couronné de succès, chez un artiste doué ou encore chez une personne riche, cultivée et intelligente. Le fait de ne pas recourir à la conscience, et partant de ne pas penser à Allah, de ne pas glorifier Sa puissance et Son art, de ne pas Le remercier pour les bienfaits accordés, amène l'homme à l'orgueil. Mais l'intelligence, les découvertes ou encore les biens ne seront d'aucune aide après la mort. On pense peu à cela, alors que l'on a déjà oublié les noms de gens célèbres à leur époque pour leurs découvertes, leur richesse ou leur pouvoir. Pour ceux qui sont toujours évoqués, cela ne leur profite nullement. Ces gens ont été sourds aux commandements d’Allah, ils n'ont pas reconnu Son pouvoir, ni apprécié les faveurs qu'Il leur a accordées. Ils se sont égarés parce que leurs cœurs ont été scellés et leurs consciences voilées. Dans le Coran, Allah évoque ceux qui transgressent, toujours à la recherche de leurs propres intérêts et soumis à leurs passions :
Vois-tu celui qui prend sa passion pour sa propre divinité ? Et Allah l'égare sciemment et scelle son ouïe et son cœur et étend un voile sur sa vue. Qui donc peut le guider après Allah ? Ne vous rappelez-vous donc pas ? Et ils dirent : "Il n'y a pour nous que la vie d'ici-bas : nous mourons et nous vivons et seul le temps nous fait périr. Ils n'ont de cela aucune connaissance : ils ne font qu'émettre des conjectures." (Sourate al-Jathya, 23-24)

Comme il est rapporté dans les versets ci-dessus, ceux qui préfèrent leur passions à leur conscience et font preuve de rébellion du fait notamment de leurs qualités sont "sourds et aveugles". Ils n'ont pas la compréhension et la sagesse, ils ne peuvent pas distinguer le bien et le mal. Le fait qu'ils n'emploient pas leur conscience explique à lui seul leur comportement.


CEUX QUI IGNORENT


Nous avons vu jusqu'ici comment un homme de conscience se rend compte de l'existence d’Allah. Celui qui, par sa conscience, réalise qu'un Créateur existe aboutira à la conclusion suivante : si Allah a créé un univers si parfait et a doté l'homme d'une conscience pour le concevoir, Il ne l'aurait pas laissé désœuvré. Il aurait certainement établi quelque communication avec ces êtres intelligents qu'Il a créés et Se serait présenté à eux. En outre, Allah aurait certainement créé tout cela pour une fin, qu'Il leur aurait fait connaître. Celui qui use de sa conscience, éprouve le désir ardent de connaître son Créateur qui l'a créé, ainsi que l'univers tout entier. Ce désir devient même le but unique de sa vie. Il se rend compte qu'il a besoin d’Allah, qui l'a créé à partir de rien et qui lui a accordé la vie quand il n'était rien et que tout le pouvoir Lui appartient. Il comprend aussi que Allah a créé tout pour un but, que toute chose a un devoir. Le ciel est tel un plafond qui protège notre planète; les cellules sont la base des êtres vivants; la pluie apporte l'abondance et le Soleil est la source de lumière et de chaleur pour la. Bref, l'homme peut voir que tout ce qui l'entoure, qu'il nous serait impossible d'énumérer ici, n'est pas créé vainement. Il se demande alors : "Si je me trouve dans un monde si parfait et impeccablement conçu et puis-que je mourrai bientôt, alors quel est le but de ma présence ici ?" et il cherche des réponses à cette question.
Il ne se contente pas pour connaître Allah, pour ap-prendre ce qu'Il exige de lui, et pour savoir quel est le but de Sa création, de quelques indications, susceptibles d'être fausses ou insuffisantes, glanées chez les uns et les autres. Ne se fiant guère aux dires souvent inconsistants et contradictoires des hommes, il considère que le meilleur guide pour atteindre Allah est le livre qu'Il a révélé : le Coran, dernier livre que Allah a envoyé et qu'Il a protégé, devient alors son guide.

Ceux qui ignorent le Coran ne suivent pas leur
conscience morale :
Combien de gens dans le monde ont-ils lu le Coran ou s'y sont-ils intéressés ?
Allah envoie un livre pour guider les hommes, en les avertissant qu'ils seront interrogés après leur mort au sujet de leurs comportements : ont-ils tenu compte ou non de ce qui y est écrit ? Les uns auront le paradis, les autres l'enfer. Chacun le sait. Si ce n'est grâce à leur propre conscience, c'est par le truchement d'autrui. Malgré tout, il en est qui ne lisent pas encore le Coran. Ils ne se demandent même pas ce qui est écrit dans ce livre pour lequel ils devront rendre des comptes le Jour du Jugement.
Imaginons qu'un homme reçoit une lettre de l'entreprise où il travaille dans une enveloppe sur laquelle il est écrit "extrêmement important pour votre carrière". On lui demande de lire cette lettre et de remplir les obligations qui y figurent, ce jusqu'à une certaine date. Que fera-t-il ? Accrochera-t-il cette lettre sur un mur sans même la lire, la mettra-t-il dans un tiroir, ou encore, est-ce qu'il la lira sans tenir compte de ce qui y est écrit ? Ou bien la lira-t-il dès réception avec une grande excitation ? Agira-t-il immédiatement selon son contenu ? La sagesse et le bon sens lui ordonneront certainement de lire ce message. Or, la plupart des gens, du fait d'une relative désinvolture, ne pensent jamais à lire le livre le plus essentiel qui existe : le message d’Allah à Ses serviteurs. Le Coran nous rapporte comment les gens ont abandonné le livre envoyé par Allah :

Et le messager dit : "Seigneur, mon peuple a vraiment pris ce Coran pour une chose délaissée." (Sourate al-Furqane, 30)

Et quand leur vint d’Allah un messager confirment ce qu'il y avait déjà avec eux, certains à qui le Livre avait été donné, jetèrent derrière leur dos le Livre d’Allah comme s'ils ne savaient pas. (Sourate al-Baqarah, 101)

Dans le verset ci-dessus, l'expression "comme s'ils ne savaient pas" indique que les gens négligent sciemment le livre d’Allah. Chacun sait dans son for intérieur qu'il doit lire le Coran et mettre en pratique ses commandements. Cependant la majorité feint de ne pas le savoir. La raison en est que les gens ne se conforment pas à leur conscience mo-rale.


LA CONSCIENCE ET LE CORAN
MONTRENT LE BUT REEL DE LA VIE


Pensiez-vous que Nous vous avions créés sans but, et que vous ne seriez pas ramenés vers Nous ? (Sourate al-Muminune, 115)

Qui pense selon sa conscience réfléchira au but de sa vie et se tournera naturellement vers le Coran, la révélation d’Allah. Pendant la lecture du Coran, il est extrêmement important que la conscience soit alerte et que la lecture de chaque verset soit accomplie avec la sincérité et l'intention de vivre en conformité avec le message divin. Celui qui consulte le Coran saura pourquoi il a été créé :

Je n'ai créé les djinns et les hommes que pour qu'ils M'adorent. Je ne cherche pas d'eux une subsistance ; et Je ne veux pas qu'ils Me nourrissent. En vérité, c'est Allah Qui est le Grand Pourvoyeur, le Détenteur de la force, l'Inébranlable. (Sourate ad-Dariyat, 56-58)

Le but de la vie de l'homme sur Terre est sa mise à l'épreuve :

Celui qui a créé la mort et la vie afin de vous éprouver [et de savoir] qui de vous est le meilleur en œuvre, et c'est Lui le Puissant, le Pardonneur. (Sourate al-Mulk, 2)

Nous avons placé ce qu'il y a sur la terre pour l'embellir, afin d'éprouver [les hommes et afin de savoir] qui d'entre eux sont les meilleurs dans leurs actions. (Sourate al-Kahf, 7)

En effet, Nous avons créé l'homme d'une goutte de sperme mélangé [aux composantes diverses] pour le mettre à l'épreuve. [C'est pourquoi] Nous l'avons fait entendant et voyant. Nous l'avons guidé dans le chemin – qu'il soit reconnaissant ou ingrat. (Sourate al-Insan, 2-3)

Qui lit les versets ci-dessus comprend que Allah a créé la vie pour éprouver l'homme. On pense immédiatement à soi, comme aux autres. La plupart des gens se pressent constamment et luttent pour leur existence dans ce monde. Ils élaborent des projets très détaillés pour leur vie d'ici-bas : l'école où ils iront, le travail qu'ils obtiendront, leur mariage, leurs enfants, la maison dans laquelle ils vivront, la voiture qu'ils achèteront, leur salaire, l'endroit où ils fêteront la nouvelle année, les cadeaux qu'ils recevront à leur anniversaire, leur retraite, les vacances etc. Chacun a ses plans et ses objectifs à l'esprit. Néanmoins personne ne prend la peine de penser au but réel de sa propre présence dans ce monde. Un homme de conscience ne voit en cela qu'insouciance et folie.
C'est Allah Qui a créé l'homme, lui a donné la vie et le fait vivre. Être son esclave, tel est le but de la création. Seule la soumission à Allah et la recherche de Son contentement, par le sacrifice des biens, fera prospérer l'homme. Cependant, la plupart des gens mènent une vie insouciante et intéressée, comme s'ils n'étaient pas du tout conscients de cela et qu'ils vivaient seulement pour jouir de la vie d'ici-bas. Un homme qui se conforme à sa conscience voit que la majorité des gens se trouve dans un état dange-reux de négligence. Ainsi, il se rend compte que les autres gens ne peuvent pas être une référence pour lui et que s'il les suit en disant : "la plupart d'entre eux font cela, alors je peux le faire", cela l'empêchera de prendre le Coran comme unique guide.


LA CONSCIENCE ET LE CORAN METTENT EN EVIDENCE LA CROYANCE EN L'AU-DELA AVEC CERTITUDE


Celui qui se rend compte qu'il est dans ce monde pour être éprouvé par Allah aura une autre façon de raisonner. Si nous sommes mis à l'épreuve durant toutes nos vies – la mort ne peut donc pas être une fin – nous devons croire qu'il y aura un résultat à cette épreuve, non pas dans la vie présente mais dans l'au-delà. Dans le passé, il y eut des tyrans, des débauchés et des meurtriers, mais aussi des messagers d’Allah et des saints qui ont consacré leurs vies entières à la cause d’Allah. Il y eut aussi des pauvres et des malheureux soumis à l'oppression. Tous ont disparu de la surface de la Terre; les bons et les mauvais sont tous dans leurs tombes. Il ne reste rien d'eux, sinon quelques ossements. Toutefois, Allah, Maître de la justice éternelle, ne mettra pas fin à la vie de ce monde sans récompenser chaque homme en fonction de ses œuvres. Les comptes n'étant pas complètement réglés dans ce monde, il est nécessairement un endroit pour lequel le jugement est suspendu.
Les gens de conscience trouveront dans le Coran les versets suivants dans lesquels Allah déclare qu'Il a remis le règlement des comptes à l'au-delà, où chacun sera entièrement récompensé pour ses actes dans ce monde :

C'est vers Lui que vous retournerez tous, c'est là, la promesse d’Allah en toute vérité ! C'est Lui qui fait la création une première fois puis la refait [en la ressuscitant] afin de rétribuer en toute équité ceux qui ont cru et fait de bonnes œuvres. Quant à ceux qui n'ont pas cru, ils auront un breuvage d'eau bouillante et un châtiment douloureux à cause de leur mécréance ! (Sourate Yunus, 4)

Très certainement, ton Seigneur fera leur pleine rétribution à tous pour leurs œuvres… Il est parfaitement Connaisseur de ce qu'ils font. (Sourate Hud, 111)

Ceux qui se réfèrent au Coran savent que tout ce qu'ils font est connu d’Allah et que tout acte, bon et mauvais, sera récompensé. Aucune action n'est oubliée ni négligée, comme beaucoup peuvent le supposer à tort. Allah dépeint dans le Coran le jour des çomptes et la vie réelle qui attend chacun après le solde des comptes.
La vie de ce monde ici-bas est un lieu temporaire d'épreuves. La vie réelle est dans l'au-delà, dans le paradis ou en enfer. Après la mort, chacun sera interrogé pour chacune de ses actions. Ceux qui ont vécu selon l'agrément d’Allah vivront pour toujours dans la plus merveilleuse demeure possible pour un être humain. Quant aux autres, ils mène-ront une vie éternelle dans l'enfer où ils connaîtront les formes les plus extrêmes de douleur et de détresse. La vraie vie commencera après la mort.
Suivre sa conscience dans une vie régie par le jeu et l'amusement est contradictoire. On préfère élaborer des plans dont on profitera dans ce monde, mais aucun de ces plans ne concerne la mort ou l'au-delà. La mort, cependant, est une réalité beaucoup plus absolue que tous ces projets. Or, les gens ne la prennent pas en considération. Ils essayent de vivre leurs vies comme s'ils ne mourront jamais. Que peut être alors la cause pour laquelle une grande majorité mène sa vie dans cette ignorance ?
Pour répondre à cette question, il faut quelque peu réfléchir : combien de fois avez-vous pensé à la mort pendant toute votre vie ? Avez-vous jamais pensé qu'un jour vous mourrez, tous les gens que vous aimez et qui vous aiment vous enterreront alors et quitteront votre tombe pour continuer à mener leurs vies quotidiennes ? Tout ce que vous avez possédé n'aura plus de valeur pour vous. Avez-vous déjà envisagé comment la mort advient ? Votre chair pourrira sous le sol, mais votre âme, qu'éprouverat-elle ?
L'homme a une âme et l'âme ne disparaît pas. Après que l'homme meurt, une nouvelle vie commence pour elle, mais est-ce qu'il s'est déjà demandé quelle sorte de vie l'attend ? Comme la majorité des gens, on n'aura peut-être jamais pensé à de telles choses, car cela épouvante. On essaye d'éviter ces discussions autant que possible. Quand ce sujet est évoqué, on tente par des plaisanteries ou des remarques impertinentes d'exorciser la peur qu'on éprouve.
Pourquoi essayer d'échapper à cette réalité ? L'ignorance l'empêchera-t-elle d'avoir lieu ? Non, bien entendu. La raison pour laquelle on évite de penser à la mort et à l'au-delà est que cela pousse à l'action, en rappelant que l'on est responsable envers Allah et que l'on rendra des comptes de tout acte, après la mort. Au moment où la conscience se réveille, tout ce qui a été fait jusque-là perd son importance et l'homme se rend compte de ce qui est vraiment important pour lui. Il peut être difficile de se dire que toute cette vie n'aura aucune importance au moment de mourir, mais réfléchir à la mort permet de comprendre toutes les vérités. La mort peut vous arriver alors que vous ne vous y attendez pas du tout. Il est fort probable que vous n'aurez aucune chance de vous préparer. Cela pourrait avoir lieu tout de suite ou dans quelques années.

La vraie conscience est celle que l'on éprouve
au moment où on voit les anges de la mort et le
feu d'enfer
Vous avez peut-être déjà vu quelqu'un mourir. Mourir son corps certes, mais il y a parallèlement aussi l'expérience que l'âme subit pendant la mort, que seul le mourant connaît. La mort du corps peut paraître très paisible, dans le cas par exemple d'une personne qui meurt naturellement dans son lit, ou très difficile dans le cas d'un accident de voiture ou d'une longue et grave maladie. Cependant, l'expérience de la mort pour l'âme est très différente de ce qu'elle semble être.
Si la personne qui meurt est un croyant, son âme sera ravie facilement et deux anges lui annoncent des bonnes nouvelles pour sa vie éternelle. Elle n'est ni effrayée, ni peinée, car elle possède la joie incommensurable de savoir qu'elle sera dans le bonheur et la paix pour l'éternité:
Ceux dont les anges reprennent l'âme – alors qu'ils sont bons – [les anges leur] disent : "Paix sur vous ! Entrez au paradis, pour ce que vous faisiez." (Sourate an-Nahl, 32)

Ils ne devancent pas Son commandement et agissent selon Ses ordres. (Sourate al-Anbiya, 27)

Dans le cas d'un homme qui n'a pas mené sa vie d'une manière conforme à l'agrément d’Allah, peu importe comment son corps meurt, ce que son âme éprouve sera le commencement d'une vie pleine de supplices. Allah avertit ces gens dans le Coran :

Qu'adviendra-t-il d'eux quand les anges les achèveront, frappant leurs faces et leurs dos ? (Sourate Muhammad, 27)

C'est pourquoi essayer d'imaginer le moment de la mort vous incitera à vous comporter avec une conscience et une sincérité totales. La mort peut vous surprendre alors que vous conduisez votre voiture ou que vous vaquez à une occupation quelconque. Soudainement vous serez face aux deux anges de la mort, qui peuvent être d'une apparence horrifiante pour ceux qui n'ont pas mené leurs vies en conformité avec la volonté divine et qui ont ignoré la mort et l'au-delà. Dans le Coran, il est rapporté que ces anges tendent leurs mains à la personne dont ils sont venus prendre la vie, la tirent à d'eux et lui annoncent un supplice dégradant et éternel, en battant son visage et son dos. La séparation de l'âme du corps cause une grande douleur. L'homme comprend alors ce qui l'attend par la suite. Ce moment est décrit dans la sourate al-Qiyamah :

Et il y aura ce jour-là, des visages assombris qui s'attendent à subir une catastrophe. Mais non ! Quand [l'âme] en arrive aux clavicules et qu'on dit : "Qui est exorciseur [qui puissent guérir l'agonisant] ?" et qu'il [l'agonisant] est convaincu que c'est la séparation [la mort], et que la jambe s'enlace à la jambe, c'est vers ton Seigneur, ce jour-là que tu seras conduit. Mais il n'a ni cru, ni fait la prière [salat]; par contre, il a démenti et tourné le dos. (Sourate Qiyamah, 24-32)

Vous aussi ferez certainement l'expérience de l'instant de la mort. Qu'est-ce qui sera alors important ? Qu'est-ce qui sera alors insignifiant pour vous à ce moment-là ? Que regretterez-vous d'avoir fait ou de ne pas avoir fait ? Quels seront les conseils que vous souhaiteriez avoir suivis ? Qui sera la personne que vous souhaiteriez n'avoir jamais ren-contrée ? Dans quelle mesure alors les petites choses de la vie, celles du travail vous intéresseront-elles ? Quelle importance aura la robe qu'il aurait fallu porter lors d'une soirée, ou les opinions d'autrui sur votre apparence en comparaison de la réalité de l'au-delà ?
Si une personne n'a pas tenu compte de la satisfaction d’Allah pendant sa vie et n'a pas fait de son mieux pour gagner Son agrément, elle éprouvera au moment de la mort, outre une grande crainte, un remords qu'elle ne saura réprimer. Les déclarations pleines de regret comme "je souhaiterais avoir écouté telle personne.", "je voudrais avoir fait mes prières régulières.", "je désirerais avoir vécu pour Allah, etc." continueront à l'occuper. Pendant ce temps, la mort se fera ressentir de plus belle, car les deux anges la traîneront en enfer en l'humiliant. Avant d'y pénétrer, chacun sera interrogé tour à tour et comprendra pourquoi il a une place en en-fer. A ce moment, l'homme sera pris d'une horreur indicible : tous ses faits et gestes, toutes ses pensées lui seront montrés un à un. Tout ce qu'il croyait être le seul à savoir et bien d'autres choses encore, qu'il aura lui-même oublié, lui seront exposés.

Ce jour-là, le gens sortiront séparément pour que leur soient montrées leurs œuvres. Quiconque fait un bien fût-ce du poids d'un atome, le verra, et quiconque fait un mal fût-ce du poids d'un atome, le verra. (Sourate az-Zalzalah, 6-8)

Pensez à ce qui vous fera éprouver du regret quand votre vie entière vous sera exposée de la sorte. Qu'est-ce qui vous fera dire “ je regrette d'avoir fait ceci" "je regrette de ne pas avoir fait cela"?:

Ce jour-là est inéluctable. Que celui qui veut prenne donc refuge auprès de son Seigneur. Nous vous avons avertis d'un châtiment bien proche, le jour où l'homme verra ce que ses deux mains ont préparé; et l'infidèle dira : Hélas pour moi ! Comme j'aurais aimé n'être que poussière. (Sourate an-Naba, 39-40)

En outre, les gens éprouveront une grande colère et une répugnance contre eux-mêmes pour tout ce qu'ils ont commis dans la vie ici-bas. Pire, plus grandes encore seront la colère et le courroux d’Allah à leur encontre :

A ceux qui n'auront pas cru on proclamera : l'aversion d’Allah [envers vous] est plus grande que votre aversion envers vous-mêmes, lorsque vous étiez appelés à la foi et que vous persistiez dans la mécréance. (Sourate Gafir, 10)

Dans le Coran, il est rapporté que le regret et le souvenir seront vains ce jour-là. Tout sera alors trop tard. Il ne sera plus possible de réparer ce qui a été fait dans le passé. Les portes de l'enfer se fermeront sur l'homme pour l'éternité :

... et que ce jour-là, on amènera l'enfer; ce jour-là, l'homme se rappellera. Mais à quoi lui servira de se souvenir ? Il dira : Hélas ! Que n'ai-je fait du bien pour ma vie future ! Ce jour-là donc nul ne saura châtier comme Lui châtie, et nul ne saura garrotter comme Lui garrotte." (Sourate al-Fajr, 23-26)
Tous les hommes, même les plus égarés, verront clairement tout au moment de la mort et quand ils rendront leurs comptes, mais le retour étant impossible, ils ne pourront plus modifier leur situation. Le but de ce livre est d'éveiller la conscience de chacun, tant qu'il est encore temps et d'inviter cha-cun à vivre une vie par laquelle on peut réparer les fautes du passé afin de n'éprouver aucun regret dans l'au-delà.
La différence entre les gens qui suivent toujours leur conscience morale et ceux qui ne le font pas est la force de la foi que les gens de conscience ont en Allah et dans l'au-delà. Un homme de conscience agit toujours comme s'il était interrogé tout près de l'enfer. Allah évoque dans le Coran certains de Ses messagers, qui se souvenaient toujours de l'au-delà :

Et rappelle-toi Abraham, Issac et Jacob, Nos serviteurs puissants et clairvoyants. Nous avons fait d'eux l'objet d'une distinction particulière : le rappel de l'au-delà. (Sourate Sad, 45-46)

VIVRE LE CORAN

Le but unique d'une personne qui se rend compte de l'existence d’Allah et de l'au-delà est de plaire à Allah et de vivre éternellement dans le paradis. Il est impossible pour celui qui se conforme à sa conscience d'avoir un autre objectif. La grande erreur de l'homme est de penser que la religion est une croyance qui ne comprend qu'une petite partie de sa vie : on se la rappelle qu'occasionnellement et on la confine à quelques cultes d'adoration. Selon le Coran, tout au contraire, la vie entière de l'homme, outre l'aspect cultuel, doit être consacré à Allah :

Dis : "En vérité, ma prière, mes actes de dévotion, ma vie et ma mort appartiennent à Allah, Seigneur de l'univers." (Sourate al-Anam, 162)

Cela signifie que dans toutes ses paroles, ses décisions et ses actes, l'homme doit prêter attention à obtenir la satisfaction d’Allah. S'il pense qu'une chose ne Lui est pas agréable, il doit absolument l'éviter. Il n'y a aucun autre choix pour celui qui sera appelé à rendre des comptes pour la vie qu'il a menée : la demeure éternelle dépendra du résultat. En outre, qui n'est pas ingrat et qui pense et comprend la vérité ne considérera sûrement rien de plus important que le contentement de son Créateur, qui l'a créé de rien, lui a donné la vie quand il n'était rien et lui a accordé la possibilité de vivre dans le paradis pour toujours.
Celui qui décide de passer toute sa vie pour Allah se doit d'écouter sa conscience pour découvrir comment il pourra Lui plaire. Dans le Coran, Allah a clairement défini tous Ses ordres et les actes qu'Il interdit. Suivre sa conscience permet d'observer strictement ces commandements. On prend comme guide les modèles de bons comportements décrits dans le Coran pour agir avec une très grande sincé-rité et mettre en pratique les préceptes coraniques du mieux possible. La prière est l'une de ces obligations :

Quand vous avez accompli la prière, et invoquez le nom d’Allah, debout, assis ou couchés sur vos côtés. Puis lorsque vous êtes en sécurité, accomplissez la prière [normalement], car la prière demeure, pour les croyants, une prescription, à des temps déterminés. (Sourate an-Nisa, 103)

Si l'on peut soit suivre ce que dicte sa conscience morale en conformité avec ce que le Coran exige soit éviter de suivre les commandements coraniques en avançant divers prétextes, il ne faut cependant jamais oublier que, quelle que soit l'excuse avancée pour ne pas accomplir les prières, elle ne sera pas acceptée dans l'au-delà. Dans un autre verset, Allah demande à l'homme d'agir avec équité, quelles que soient les conditions et les circonstances :
O les croyants ! Observez strictement la justice et soyez des témoins [véridiques] comme Allah l'ordonne, fût-ce contre vous-mêmes, contre vos père et mère ou proches parents. Qu'il s'agisse d'un riche ou d'un besogneux, Allah a priorité sur eux deux [et Il est plus connaisseur de leur intérêt que vous]. Ne suivez donc pas les passions, afin de ne pas dévier de la justice. Si vous portez un faux témoignage ou si vous le refusez, [sachez que] Allah est parfaitement connaisseur de ce que vous faites. (Sourate an-Nisa, 135)

Accomplir les commandements d’Allah avec soin même s'ils vont à l'encontre de ses propres intérêts n'est possible qu'en écoutant la voix de la conscience. Pensons à quelques situations que peut affronter celui qui est invité à prêter attention au verset ci-dessus. Il est possible par exemple qu'une personne témoignant avec justice lors d'un procès cause la condamnation d'un de ses parents. Néanmoins, même dans une situation pareille, une personne qui sait qu'elle rendra des comptes après sa mort écoute la voix de sa conscience et agit conformément aux injonctions coraniques. Rien de ce monde ne peut être plus grand que les bénéfices de l'au-delà. Nous lisons dans un autre verset :

O les croyants ! Soyez stricts [dans vos devoirs] envers Allah et [soyez] des témoins équitables. Et que la haine pour un peuple ne vous incite pas à être injustes. Pratiquez l'équité : cela est plus proche de la piété. Et craignez Allah. Car Allah est certes parfaitement connaisseur de ce que vous faites. (Sourate al-Maidah, 8)

Pour qu'une personne puisse agir en conformité avec ce verset, elle doit maîtriser sa colère même quand elle est furieuse et rendre une décision juste. Elle peut ne pas aimer celui avec qui elle converse à cause de ses attitudes et des ses paroles, et même porter une rancune à son égard. Cependant, quel que soit le caractère de cette personne, il faut obéir à l'ordre d’Allah Qui exige d'être juste envers cha-cun. Dans un autre verset, Allah nous commande d'éviter le soupçon et le commérage :

… ceux qui s'ébattent dans des discours frivoles. (Sourate al-Hujurat, 12)

Allah prémunit donc l'homme de certains mauvais traits de caractère. En réalité, les trois manières spécifiques mentionnées dans ce verset sont en corrélation. Quelqu'un qui médit a de mauvais soupçons sur la personne qu'il médit. De la même façon, quelqu'un qui espionne un autre le fait en raison de certains soupçons. De tels types de comportements sont très communs et sont acceptés par la société, d'une façon ou d'une autre, bien qu'ils soient certainement contraires à la conscience morale.
S'imaginer dans une situation pareille peut s'avérer être utile. Nul ne voudrait jamais être espionné ni voir ses secrets et ses fautes révélés. Nul ne voudrait faire l'objet de commérages ou de soupçons malintentionnés, car cela afflige particulièrement. Cela est mauvais et inexcusable. La conscience morale permet d'éviter de faire à autrui ce qu'on refuse que l'on nous fasse. C'est pourquoi Allah compare ces manières à "manger la chair morte de son frère". Ceci est aussi répugnant que médire, soupçonner et chercher les défauts d'autrui. Allah avertit ceux qui s'adonnent à de tels actes :

Malheur à tout calomniateur diffamateur, qui amasse une fortune et la compte, pensant que sa fortune l'immortalisera. Mais non ! Il sera certes, jeté dans la Huttamah [l'enfer]. Et qui te dira ce qu'est la Huttamah ? Le feu attisé d’Allah Qui monte jusqu'aux cœurs. Il se refermera sur eux, en Colonnes [de flammes] étendues. (Sourate al-Humazah, 1-9)

Médire, chercher à percer les secrets d'autrui et accuser les gens sur la simple base du soupçon sont souvent les produits de la jalousie, de l'envie et de la rancune, contraires aux enseignements coraniques. Un tel comportement est incompatible avec la conscience morale bien qu'il soit répandu. Quand on considère comment Allah blâmera ces actes, la conduite à suivre, la plus appropriée et en conformité avec le Coran, est de toujours les éviter et de décourager vivement les autres de les faire.
Le comportement et les pensées d'une personne qui a saisi l'essence du Coran seront basés sur les bonnes actions prescrites par l'Islam. Autrement dit, celui qui possède ce bon caractère pensera et agira toujours avec conscience. Il n'oubliera jamais la mort et l'au-delà que tous ses actes viseront. Il réfléchira à l'au-delà non seulement pour lui-même mais aussi pour ceux qu'il aime et sa communauté entière. Tous ses efforts seront pour se préparer à cette demeure éternelle. Il considère même ce qui paraît bien ordinaire, toujours en se référant non pas au monde ici-bas, mais à l'au-delà. Par exemple, s'il a un ami très riche, il pense immédiatement que son ami rencontrera, lui aussi, la mort un jour et qu'il rendra des comptes. Il prend soin en particulier de ne pas faire des discours qui pourraient attacher son ami à la vie mondaine. Il lui rappelle le paradis et l'enfer. Il prie pour son bien et sa paix dans le monde d'ici-bas et dans l'au-delà, et souhaite que Allah les unisse dans un milieu heureux après la mort. Il manifeste son amour pour cet ami en lui ordonnant le convenable et en lui interdisant le blâmable.
A première vue, quelqu'un qui se conforme à sa conscience et cherche toujours la satisfaction d’Allah peut sembler ne différer d'aucun autre. Lui aussi va au travail ou à l'école, fait des achats et s'amuse. Cependant, il cherche à satisfaire Allah en tout ce qu'il fait. Dans un verset, Allah nous dit :

Dans des maisons [des mosquées] que Allah a permis que l'on élève, et ou Son nom est invoqué ; Le glorifient en elles matin et après-midi. (Sourate an-Nur, 36)

On peut se demander comment il est possible de chercher le contentement d’Allah dans les actes quotidiens et de se Le rappeler à chaque instant. Premièrement, il convient de dire que pour celui qui suit sa conscience, les actes d'adoration et les commandements d’Allah sont au-dessus de toute autre chose. Il n'oublie jamais que Allah l'observe toujours. Dans le commerce, il ne s'intéresse pas aux bénéfices de ce monde, mais à ceux de l'au-delà. Il n'accepte jamais la malhonnêteté et prend toujours garde à commettre un quelconque acte qu'il ne sera pas capable d'expliquer et dont il aura honte dans sa vie future. Même s'il se sait perdant dans telle ou telle transaction, il ne peut jamais tromper son client en trichant sur le poids ou le calcul. Il est toujours fiable et digne de confiance. Il ne retarde pas le paiement de ses dettes quand il a les moyens de s'en acquitter. Si son débiteur est dans la difficulté, il peut renoncer à son dû. Dans le Coran, il est ainsi conseillé :

A celui qui est dans la gêne, accordez un sursis jusqu'à ce qu'il soit dans l'aisance. Mais il est mieux pour vous de faire remise de la dette par charité ! Si vous saviez ! (Sourate al-Baqarah, 280)

Un croyant n'oublie jamais que le pouvoir qui le fera prospérer appartient seul à Allah. Il n'est pas transgresseur, ni gâté par ses biens ; au contraire il remercie Allah pour toutes les faveurs qu'Il lui accorde.
Il y a beaucoup d'autres événements que l'homme rencontre dans sa vie quotidienne par lesquels il peut se rappeler Allah et rechercher Son agrément, se fiant à la vérité et à la sagesse de Sa parole transmise par Son Messager dans le Coran. Qui veut vivre par la religion se doit de lire le Coran et de mettre en pratique cette lecture.

La conscience recherche ce qui plaît
le plus à Allah
La conscience de l'homme est très exigeante dans la recherche de l'agrément du Créateur. Elle réfléchit toujours à la question : "Comment puis-je plaire le plus à Allah ?" Elle ne recherche jamais le contentement d'autrui ou ne s'inquiète jamais de l'opinion des hommes. Elle ne se tourne en péni-tence qu'à Allah.
Certaines personnes vivent l'Islam sans se servir de leur conscience, d'une manière imitative et habituelle, comme elles l'ont observé chez les autres. Elles se contentent d'observer certains rites, et choisissent ainsi un genre de vie à peine empreint de religiosité. Cela s'explique par le fait qu'elles veulent éviter le conflit avec leur entourage ou simplement qu'elles ont été élevées de cette façon. Plutôt que de s'efforcer à plaire à Allah, elles se demandent : "Quel est le minimum que je dois faire pour faire croire aux gens que je suis religieux ?”
Il est, cependant, impossible de vivre l'Islam sans user entièrement de la conscience. Une personne vraiment de conscience est toujours à la recherche de la meilleure manière de pratiquer chaque acte d'adoration, afin de s'assurer que rien ne lui coûtera cher le Jour des Comptes. Elle sait qu'elle sera récompensée dans l'au-delà pour son comportement ici-bas. Allah avertit les gens sur ce point :
Et accomplissez la prière et acquittez la zakat. Et tout ce que vous avancez de bien pour vous-mêmes, vous le retrouverez auprès d’Allah, Car Allah voit parfaitement ce que vous faites. (Sourate al-Baqarah, 110)

Allah ordonne à chacun de toujours faire de son mieux, de la plus belle manière, et de s'exprimer de la meilleure des façons.

Et dis à Mes serviteurs d'exprimer les meilleures paroles, car le Diable sème la discorde parmi eux. Le Diable est certes, pour l'homme, un ennemi déclaré. (Sourate al-Isra, 53)

Celui qui est au courant de ce commandement d’Allah trouve les meilleurs mots en se référant à sa conscience. Il ne prononce pas ce qui lui vient à la bouche spontanément et réfléchit avant de parler. Il fait les discours les plus beaux et il prend garde à ne pas offenser ou décourager les gens avec qui il dialogue. Il choisit le discours qui contente Allah et, ce faisant, il emploie sa conscience comme une référence clef.
Dans un autre verset, Allah catégorise l'humanité en trois groupes selon leur attachement à l'Islam :

Ensuite, Nous fîmes héritiers du Livre ceux de Nos serviteurs que Nous avons choisis. Il en est parmi eux qui font du tort à eux-mêmes, d'autres qui se tiennent sur une voie moyenne, et d'autres avec la permission d’Allah devancent [tous les autres] par leurs bonnes actions ; telle est la grâce infinie. (Sourate Fatir, 32)

Comme il est mentionné dans le verset, certaines personnes ne vivent pas l'Islam. D'autres n'en suivent qu'une partie et ne consacrent que très peu de leur temps et de leurs moyens pour l'Islam, pourvu que cette dépense n'aille pas à l'encontre de leurs intérêts. Ils ne font pas de sérieux efforts pour que l'Islam et la bonne moralité soient propagés parmi les hommes. Pensant qu'ils observent le licite et l'illicite, ils pensent que les quelques actes d'adoration qu'ils pratiquent suffisent et cela leur donnent bonne conscience.
Il convient à la conscience de choisir et de pratiquer les conduites les plus correctes et de se parer des manières les plus belles. Allah se réfère dans le Coran à ceux qui suivent le meilleur :

... qui prêtent l'oreille à la parole, puis suivent ce qu'elle contient de meilleur. Ce sont ceux-là que Allah a guidés et ce sont eux les doués d'intelligence ! (Sourate az-Zumar, 18)

Le troisième groupe consiste en ceux qui agissent en pleine conformité avec leur conscience. Ils rivalisent dans les bonnes œuvres pour gagner la récompense la plus haute de leur Seigneur et marchent avec fermeté dans chaque service et dans chaque acte de bonté, sans attendre qu'un autre le fasse. Ayant conscience du besoin de se dépasser, il se se contente jamais du moindre.
Comme nous venons de le voir, la conscience exige non seulement de connaître Allah et d'accepter Son existence, mais aussi d'accomplir les actes qui Lui plairont et de prêter grande attention à cela. La majorité des gens suppose qu'il suffit de croire en l'existence d’Allah. Pourtant, nous lisons dans les versets du Coran :

Dis : "Qui vous attribue de la nourriture du ciel et de la terre ? Qui détient l'ouïe et la vue, et qui fait sortir le vivant du mort et fait sortir le mort du vivant, et qui administre tout ?" Ils diront : "Allah [Allah]." Dis alors : "Ne Le craignez-vous donc pas. Tel est Allah, votre Seigneur. Au delà de la vérité qu'y a-t-il donc sinon l'égarement ? Comment alors pouvez-vous, vous détourner?" (Sourate Yunus, 31-32)

De tels gens croient en l'existence d’Allah et acceptent même qu'Il soit leur Pourvoyeur, qu'Il donne la vie et la mort et qu'Il est le Créateur et le Propriétaire du tout. Ils emploient leur conscience seulement jusqu'à ce degré et le considèrent cela comme suffisant pour leur foi. Celui qui emploie pleinement sa conscience, éprouve, toutefois, une crainte pleine de respect envers Allah puisqu'il saisit Sa majesté. Cette crainte diffère d'autres craintes éprouvées, puisqu'elle est celle de perdre l'agrément d’Allah. Il passe sa vie entière à rechercher l'agrément de son Créateur. Il ne met pas de limites pour s'approcher d’Allah. Dans le Coran, Allah cite Ibrahim comme exemple et dit :

Qui est meilleur en religion que celui qui soumet à Allah son être, tout en se conformant à la Loi révélée et suivant la religion d'Abraham, homme de droiture ? Et Allah avait pris Abraham pour ami privilégié. (Sourate an-Nisa, 125)

Aussi qui agit selon sa conscience tentera d'atteindre le plus haut niveau de compréhension de l'esprit humain. Il tâchera, nuit et jour, de garder présent à son esprit la puissance et la majesté d’Allah afin de se rapprocher de Lui et de devenir Son ami intime. Comme il ne peut jamais être sûr d'avoir établi le plus haut degré d'amitié et de proximité, son effort et sa bonne volonté continueront jusqu'à la fin de sa vie. Vous pouvez vous demander comment il est possible d'être proche d’Allah. La réponse est toujours : notre conscience, comme nous l'expliquerons dans les pages suivantes.

COMMENT UNE PERSONNE

Que l'on considère sa maison, sa famille, son travail ou peut-être ses idéaux comme ce qui compte le plus, on ne doit pas oublier qu'il y a beaucoup plus important que tout cela, et que l'on pourrait négliger : connaître Allah Qui a créé l'homme et lui a donné tout ce qu'il possède, et de travailler sérieusement à se rapprocher de Lui. La majorité des gens passe leur vie en ignorant cette réalité. Posez cette question à la première personne que vous ren-contrez ou même à tous ceux que vous connaissez et demandez-leur les sujets les plus importants et les plus urgents dans leur vie. Les réponses que vous obtiendrez appartiendront très probablement à la vie mondaine. La personne qui emploie sa conscience et réfléchit comprend, en revanche, immédiatement l'importance de la proximité à Allah et cherche les moyens de se rapprocher de Lui : car c'est un ordre dans le Coran.

O les croyants ! Craignez Allah, cherchez le moyen de vous rapprocher de Lui et luttez pour Sa cause. Peut-être serez-vous de ceux qui réussissent ! (Sourate al-Maidah, 35)

Tout ce qui se trouve autour de vous est créé selon les besoins de l'humanité. Votre corps travaille parfaitement sans que vous fassiez un certain effort pour cela. Le cœur n'omet pas de battre, les nerfs n'oublient pas de transmettre les messages nécessaires à votre cerveau, toutes sortes de nourriture nécessaires pour votre survie sont naturellement pré-sentes sur Terre et la juste quantité d'oxygène dont vous avez besoin est présente dans l'atmosphère. Vous êtes dotés d'une structure musculaire et squelettique qui vous permet de vous déplacer sans faire aucun effort. Vous pouvez tenir et prendre tout objet dans vos mains ou encore faire de longues promenades. Outre ce qui relève du minimum vital, vous disposez de sens très distincts. La saveur d'une nourriture diverse et variée, le contact avec une matière fine, la beauté d'un paysage, la conversation avec un ami, sont autant de possibilité dues aux qualités pourvues par Allah, Créateur détenteur d'un pouvoir supérieur, qui a créé tout cela pour vous. Il vous a créés à partir de rien, quand vous n'étiez rien du tout. S'Il n'avait pas voulu, vous ne seriez rien. Cependant, Allah a voulu et vous a créés tels que vous êtes : un être humain. Ce n'est là qu'une infime partie des bénédictions que Allah a accordées aux gens. Enumérer toutes les faveurs d’Allah serait impossible :

Et si vous comptez les bienfaits d’Allah, vous ne saurez pas les dénombrer. Car Allah est pardonneur, et miséricordieux… (Sourate an-Nahl, 18)
En outre, Allah a promis la plus belle récompense à ceux qui suivent Sa voie ici-bas : ils auront le paradis éternel et tous leurs désirs seront satisfaits. En échange des faveurs d’Allah, la responsabilité la plus importante qui vous incombe est sûrement de remercier Allah pour tout ce qu'Il vous a donné. Il est ainsi rapporté dans un verset :

Et Allah vous a fait sortir des ventres de vos mères, dénués de tout savoir, et vous a donné l'ouïe, les yeux et les cœurs [l'intelligence], afin que vous soyez reconnaissants. (Sourate an-Nahl, 78)

Toutes les bénédictions qui vous sont offertes pendant toute votre vie viennent d’Allah seul :

O hommes ! Rappelez-vous le bienfait d’Allah sur vous : existe-t-il en dehors d’Allah, un créateur qui du ciel et de la terre vous attribue votre subsistance ? Point de divinité à part Lui ! Comment pouvez-vous vous détourner [de cette vérité] ? Et s'ils te traitent de menteur, certes on a traité de menteurs des messagers avant toi. Vers Allah cependant, tout est ramené. (Sourate Fatir, 3-4)

L'existence continue de l'homme est seulement possible par la volonté d’Allah. Aussi, quiconque se rend compte de cette vérité doit se tourner vers Allah, qui est l'être le plus important de sa vie et chercher à se rapprocher de Lui. Cependant, les gens se laissent souvent entraîner par les détails de la vie quotidienne et passent rarement un moment à penser à cette vérité cruciale. Ils attachent beaucoup d'importance à ce que les autres pensent à leur sujet et essayent de gagner leur admiration et leur respect, plutôt que de penser à plaire à leur Seigneur et de gagner Son contentement. Ceci est sans doute la plus grande ingratitude. L'homme doit savoir qu'obtenir le contentement d’Allah est non seulement un devoir, mais aussi la seule façon d'atteindre le bonheur et la paix. Ceux qui oublient Allah en cherchant à plaire aux hommes ou en se laissant entraîner par d'autres objectifs vains, ne peuvent jamais trouver la satisfaction et la félicité. L'agrément d’Allah constitue la plus grande joie et le plus grand bonheur grâce auxquels le cœur de l'homme trouvera la paix. Les cœurs ne se tranquillisent que dans le souvenir d’Allah :

... ceux qui ont cru, et dont les cœurs se tranquillisent à l'évocation d’Allah. N'est-ce point par l'évocation d’Allah que se tranquillisent les cœurs ? (Sourate ar-Raad, 28)

En général, les gens ne sont pas tout à fait inconscients d’Allah et de la vie future. Cependant, la raison pour laquelle ils mènent une vie loin d’Allah réside dans le fait qu'ils sont distraits et qu'ils ont besoin de se rappeler constamment ce fait à travers le dhikr (le souvenir) et la contemplation. Celui qui se rappelle à tout moment l'existence d’Allah et la punition du feu de l'enfer ne sera jamais paresseux ou insouciant. Y a-t-il une personne qui pourrait rendre des comptes le Jour du Jugement au bord du feu d'enfer et penser à un autre être que Allah ? A un tel moment, peut-on tenir compte du contentement de quelqu'un d'autre que Allah ? De qui voudra-t-on absolument gagner l'amour et l'amitié ? Que vaudra l'opinion d'un ami ou d'un parent ? Les biens et les amis proches n'ont aucune importance pour ceux qui ont vu le feu d'enfer :

... où nul ami dévoué ne s'enquerra d'un ami, bien qu'ils se voient l'un l'autre. Le criminel aimerait pouvoir se racheter du châtiment de ce jour, en livrant ses enfants, sa compagne, son frère, même son clan qui lui donnait asile, et tout ce qui est sur la terre, tout, qui pourrait le sauver. Mais rien [ne le sauvera]. [L'enfer] est un brasier. (Sourate al-Maarij, 10-15)

Un homme doit donc passer sa vie entière pour Allah. Si vous voulez mener votre vie d'une manière qui plaira à Allah, il suffit pour vous d'appliquer à la lettre les commandements du Coran, de suivre l'exemple du Prophète - que Allah lui accorde la grâce et la paix - et d'écouter la voix de votre conscience en toutes circonstances, dans chaque événement, grand ou petit, signifie suivre l'agrément d’Allah. En écoutant la voix du bien en votre for l'intérieur, vous pouvez gagner le contentement d’Allah dans chaque acte accompli.

La conscience morale de chacun est-elle
la même ?
Les gens qui ne cherchent pas à plaire à Allah peuvent bien accomplir des actes qui leur semblent bons et peuvent être polies et aimables. Cependant, si les bonnes œuvres qu'ils font ne visent pas au contentement d’Allah, ils ne peuvent pas trouver la grâce et la confiance d’Allah. Ces gens agissent bien, non pas parce qu'ils suivent vraiment leur conscience morale, mais pour leurs intérêts personnels (sentiment de satisfaction lié à la réputation d'être une personne "bienfaisante" ou simplement autosatisfaction). En d'autres termes, l'intention de se soumettre à la conscience est plus importante que l'œuvre elle-même. Si un homme veut que sa vie entière soit pour Allah, il doit agir en conformité avec cette intention. Par exemple, s'il commet un acte bienfaisant, il doit chercher l'agrément d’Allah plutôt que la faveur et l'appréciation des gens ou un sentiment de satisfaction personnelle. Cela l'aidera à penser à Allah continuellement et à se tourner vers Lui pour tous ses besoins. Dans le Coran, Allah loue ces gens :

Endure ce qu'ils disent ; et rappelle-toi David, Notre serviteur, doué de force [dans l'adoration] et plein de repentir [à Allah]. (Sourate Sad, 17)

Allah annonce dans le Coran certaines voies qui serviront comme moyens de se rapprocher de Lui :

Les premiers [à suivre les ordres d’Allah sur la terre] ce sont eux qui seront les premiers [dans l'au-delà]. Ce sont eux les rapprochés d’Allah. (Sourate al-Waqia, 10-11)

[Tel autre,] parmi les Bédouins, croit en Allah et jour dernier et prend ce qu'il dépense comme moyen de se rapprocher d’Allah et afin de bénéficier des invocations du messager. C'est vraiment pour eux [un moyen] de se rapprocher [d’Allah] et Allah les admettra en Sa miséricorde. Car Allah est pardonneur et miséricordieux. (Sourate at-Tawbah, 99)

Tout acte de conscience réalisé pour Allah est un moyen de se rapprocher de Lui. Il ne faut pas oublier que Allah donne la bonne nouvelle du paradis à ceux qui sont proches à Lui :

Si celui-ci est du nombre des rapprochés [d’Allah] alors [il aura] du repos, de la grâce et un Jardin de délices. Et s'il est du nombre des gens de la droite, il sera [accueilli par des mots]: "Paix à toi, de la part des gens de la droite." (Sourate al-Waqia, 88-91)


LES POUVOIRS NEGATIFS CONTRE
LE CONSCIENCE MORALE


L'âme (nafs)
La conscience morale a été inspirée par Allah, comme mentionné dans la sourate Shams :

Et par l'âme et celui qui l'a harmonieusement façonnée ; et lui a alors inspiré son immoralité de même que sa piété ! A réussi, certes celui qui la purifie. Et est perdu, certes, celui qui la corrompt. (Sourate Ach-Chams, 7-10)

Dans ces versets, Allah déclare qu'Il a inspiré à l'âme la dépravation (fujur) et la taqwa, c'est-à-dire le discernement entre le bien et le mal. Le mot fujur signifie "agir d'une façon coupable, désobéir, se dévier, mentir, se révolter, se détourner de la justice, causer le désordre, refuser les bonnes manières", en somme c'est l'opposé de la taqwa. Ce concept contient tous les aspects négatifs de l'âme de l'homme. Il y a deux aspects de notre âme : le fujur, qui est la source du mal et la conscience morale, qui prémunit contre le mal.
Alnafs est un terme arabe fréquemment employé dans le Coran. Il n'a pas d'équivalent en français, mais il peut être traduit par "ce qui dans l'âme mène à mal agir, la partie égoïste de l'âme". Il a les signications suivantes dans le Coran : l'essence de quelque chose, le soi, l'âme, le cœur, le désir, le point de départ et la source de désir et de colère, la conscience, la force qui commande en l'homme. Ici, nous nous concentrerons en particulier sur la qualité autoritaire de l'âme. La force qui pousse l'homme à commettre un certain acte ou prendre une certaine décision est le "moi". Cet aspect de l'âme est exposé dans plusieurs versets du Coran. Dans ces versets, an-nafs est mentionné comme la source de la dépravation et du mal chez les hommes. Quand les frères du Prophète Yusuf - sur lui la paix - ont voulu se débarrasser de ce dernier, par jalousie à son égard, leur père Prophète Ya'qub - sur lui la paix - dit :

Ils apportèrent sa tunique tachée d'un faux sang. Il dit : "Vos âmes, plutôt, vous ont suggéré quelque chose… [Il ne me reste plus donc] qu'une belle patience ! C'est Allah qu'il faut appeler au secours contre ce que vous racontez!" (Sourate Yunus, 18)

Al-nafs peut tromper les gens en leur faisant croire qu'un mauvais acte est en réalité bon. La sourate Taha offre un autre exemple où les effets d'al-nafs sont mis en évidence. Al-Samiri, du peuple du Prophète Moïse – sur lui la paix –, a égaré le peuple entier durant la courte absence de ce dernier, en érigeant une statue de veau à partir des médailles d'or qu'il avait rassemblées. A son retour, le Prophète Moïse le questionna. Al Samiri répondit :

Il dit : "J'ai vu ce qu'ils n'ont pas vu : j'ai donc pris une poignée de la trace de l'envoyé ; puis, je l'ai lancée. Voilà ce que mon âme m'a suggéré." (Sourate Ta-Ha, 96)

Un autre événement rapporté dans le Coran a eu lieu entre les deux fils du Prophète Adam. L'un d'entre eux a tué l'autre en raison de sa jalousie et a ensuite éprouvé du remords. Dans le verset, Allah dit :

Son âme l'incita à tuer son frère. Il le tua donc et devint ainsi du nombre des perdants. (Sourate al-Maidah, 30)

Décider de tuer quelqu'un ne correspond jamais à la nature humaine. Cependant, un aspect de l'âme persuade certaines personnes et leur embellit cet acte. La même chose est valable pour des actes tels que le vol, l'immoralité, le mensonge, la jalousie et la vanité. Le verset ci-dessus montre comment l'endoctrinement négatif de l'âme intervient. Le fils du Prophète Adam, les frères du Prophète Yusuf – sur lui la paix – et al Samiri ont tous commis des crimes. Le point commun dans toutes ces actions réside en ce qu'ils ont été suscités par al-nafs, qui les a persuadés d'agir de la sorte en montrant ces crimes comme bons. On sait pourtant qu'il les a induits en erreur et les a entraînés au mal.
Quelle est la source du pouvoir du nafs ? La réponse est évidente. Dans la sourate Shams, il est déclaré que fujur (tous les maux) est inspiré à l'âme. Une question se pose alors : si le nafs est source de maux, ne faudrait-il pas alors s'attendre à voir des comportements corrompus et immoraux chez cha-que individu ? Ici, nous devons nous rappeler une autre qualité de l'âme ; l'inspiration négative n'est pas le seul pouvoir qui y règne. Une lecture des versets 7-10 de la sourate Shams précisera que l'âme est aussi pourvue de la prévention contre le mal. Cela signifie que l'âme est régie des pouvoirs tant positifs que négatifs. L'âme de chaque être humain possède un pouvoir négatif qui commande le mal et qui le présente comme bon, et un pouvoir positif qui commande d'éviter le mal et de choisir le bien. Ce pouvoir positif est la conscience. Ce qui distingue les gens les uns des autres est qu'ils mènent leurs vies en suivant soit leur conscience, soit les penchants négatifs de leur âme.

Satan (Chaythân)
Pour beaucoup de personnes, satan est une notion chimérique. Ils ne comprennent pas l'effet qu'il exerce sur les gens et son rôle dans la vie quotidienne. Il n'est pas possible, ici, de lui consacrer toute une analyse. Néanmoins, nous citerons quelques unes de ces caractéristiques pour révéler le pouvoir négatif qui est le sien et comment il voile la conscience. Cela sera suffisant à montrer que satan n'est pas un être imaginaire, mais un pouvoir négatif qui guette l'homme et s'atttache à l'induire à l'erreur.
Satan a fait preuve de désobéissance envers Allah en refusant de se prosterner devant le Prophète Adam. A cause de sa jalousie et de son arrogance, il a décidé d'égarer les hommes, qu'il a considérés comme inférieurs, de la voie droite d’Allah. Dans le Coran, il est rapporté que satan donne de faux espoirs aux cœurs, essaye de faire douter les hommes de l'existence d’Allah et de la vie future et leur rend la vie de ce monde ici-bas attrayante. En fait, satan est la représentation des pouvoirs négatifs présents dans l'âme. Tandis que la conscience d'un homme le dirige toujours à la justesse, satan l'entraîne toujours au faux.
Cependant, satan ne fait rien ouvertement. Il a des méthodes diverses dont il use subrepticement. Par exemple, il peut susurrer à quelqu'un : "Tu es une bonne personne ; tu dis que tu es musulman ; si le paradis existe, tu en bénéficieras" même si ce dernier ne pratique ni les prières obligatoires, ni les autres commandements. Toutefois, satan lui fait croire que dire : "Je suis musulman" est suffisant. Il ne l'amène pas à nier catégoriquement l'existence de l'au-delà, mais préfère lui faire mener une vie proche de l'incrédulité sous couvert d'Islam. Notons que la personne inconsciente, que c'est un plan délibérément ourdi par satan pour l'entraîner dans l'enfer, prend les chuchotements de satan pour ses propres pensées. Il convient de rappeler, à cet égard, que la conscience ordonne toujours de vivre sincérement l' Islam, mais la plupart des gens suivent satan et leurs passions.
Nous comprenons l'importance de la conscience lorsque nous sommes mis à l'épreuve dans ce monde ici-bas. Dans chaque événement, la conscience morale et satan, qui est à la source de la justice pour l'un, de tous les intérêts égoïstes, des passions et du mal pour le second, se manifestent. Tous les deux appellent la personne. Ceux qui discernent entre ces deux voies et suivent leur conscience obtiennent l'agrément d’Allah.
Il ne faut pas oublier que satan ne laisse jamais per-sonne tranquille jusqu'à ce que la personne meure et qu'il puisse l' entrainer en enfer. De la même façon, la conscience morale de l'homme ne le quittera pas avant qu'il ne meure et lui suggérera les bonnes œuvres qu'il doit accomplir pour entrer dans le paradis. Celui qui, malgré sa conscience morale, choisit de suivre les bassesses de son âme, devient l'ami de satan, car il ne se conforme pas à la voie de son Créateur mais à celle de son propre ennemi. En faisant allusion à de tels gens, Allah commande ainsi :

Et quiconque s'aveugle [et s'écarte] du rappel du Tout Miséricordieux, Nous lui désignons un diable qui devient son compagnon inséparable. (Sourate az-Zoukruf, 36)

Il est annoncé dans le Coran comment satan s'approche de ceux qui le suivent, ainsi que sa fin et celle de ses disciples :

Puisque Tu m'as mis en erreur, dit [satan], je m'assoirai pour eux sur Ton droit chemin, puis je les assaillirai de devant, de derrière, de leur droite et de leur gauche. Et, pour la plupart, tu ne les trouveras pas reconnaissants. Sors de là, dit [Allah,] banni et rejeté. Quiconque te suit parmi eux … de vous tous, J'emplirai l'enfer. (Sourate al-Araf, 16-18)


Satan n'a aucun pouvoir sur les gens
de conscience
Ce que nous avons décrit jusqu'ici peut vous avoir donné l'impression que satan est redoutable et à éviter. Vous devez, cependant, savoir que la puissance de satan est extrêmement faible.

Les croyants combattent dans le sentier d’Allah, et ceux qui ne croient pas combattent dans le sentier du tâgût. Et bien, combattez les alliés du diable, car la ruse du Diable est certes faible. (Sourate an-Nisa, 76)

Satan n'est pas un être qui a une puissance propre qu'il utiliserait contre la volonté d’Allah. C'est un pouvoir négatif à qui Allah a permis d'exister afin de mettre l'homme à l'épreuve. Allah a créé satan et l'égo pour distinguer ceux qui croient de ceux qui doutent. Satan lui-même sait qu'il est très faible et impuissant contre les gens sincères. Il ne peut ja-mais les prendre sous son contrôle et toutes ses ruses contre eux sont vouées à l'échec. Plusieurs versets coraniques l'attestent :

Il n'a aucun pouvoir sur ceux qui croient et qui placent leur confiance en leur Seigneur. Il n'a de pouvoir que sur ceux qui le prennent pour allié et qui deviennent associateurs à cause de lui. (Sourate an-Nahl, 99-100)

Et [Allah] dit : "Va-t-en ! Quiconque d'entre eux te suivra … votre sanction sera l'enfer, une ample rétribution. Excite, par ta voix, ceux d'entre eux que tu pourras, rassemble contre eux ta cavalerie et ton infanterie, associe-toi à eux dans biens et leurs enfants et fais-leur des promesses." Or, le diable ne leur fait des promesses qu'en tromperie. "Quant à Mes serviteurs, tu n'as aucun pouvoir sur eux. Et ton Seigneur suffit pour les protéger." (Sourate al-Isra, 63-65)

Suivre la conscience est la voie
la plus facile
Le choix entre la conscience et l'égo al-nafs n'est en aucun cas difficile pour l'homme, car Allah a créé l'homme capable de prendre plaisir à se conformer à sa conscience. C'est pourquoi, la religion est en conformité avec la nature de l'homme. Dans le verset suivant, Allah dit :

Dirige tout ton être vers la religion exclusivement [pour Allah], telle est la nature que Allah a originellement donnée aux hommes – pas de changement à la création d’Allah. Voilà la religion de droiture ; mais la plupart des gens ne savent pas. (Sourate ar-Rum, 30)

Allah inspire à la conscience de tous les hommes des pensées de cette nature, afin que chacun recherche à Lui plaire. Il est difficile et pénible pour l'homme de commettre des actes qui ne soit pas en conformité avec sa conscience. Les actes accomplis sans respect de la conscience morale causent le chagrin. Le cœur ne s'apaise qu'avec le souvenir d’Allah et la recherche de Son agrément.
La facilité de suivre la conscience est soulignée dans plusieurs versets du Coran. Nous lisons du Coran que Allah montrera la voie facile à ceux qui poursuivent Son agrément.

Toute âme goûtera la mort. Mais c'est seulement au Jour de la Résurrection que vous recevrez votre entière rétribution. Quiconque donc est écarté du Feu et introduit au paradis, a certes réussi. Et la vie présente n'est qu'un objet de jouissance trompeuse. (Sourate al-Baqarah, 185)

Et quand à celui qui croit et fait bonne œuvre, il aura, en retour, la plus belle récompense. Et nous lui donnerons des ordres faciles à détenait. (Sourate al-Kahf, 88)

Nous te mettrons sur la voie la plus facile. (Sourate al-Ala, 8)

Allah annonce à Ses serviteurs sincères que la facilité suivra la difficulté :

... et Allah fera succéder l'aisance à la gêne. (Sourate al-Talaq, 7)

A côté de la difficulté est, certes, une facilité ! A côté de la difficulté, est, certes, une facilité ! (Sourate as-Sarh, 5-6)

POURQUOI LES GENS NE SUIVENT-ILS PAS

La raison pour laquelle une personne ne se conforme pas à sa conscience réside dans la faiblesse de sa foi en Allah et en l'au-delà. Cette faiblesse mène à beaucoup de désordres psychiques, puisque l'on est alors moins enclin à écouter la voix de la conscience. Malgré la foi en l'existence d’Allah et Sa justice, cependant, pour des raisons diverses, on n'accomplit pas ce que l'on considère comme étant bon et juste. Dans le Coran, Allah nous informe que certains font du rejet sciemment bien qu'ils comprennent, et que leur conscience le leur rappellent :

Puis, et en dépit de tout cela, vos cœurs se sont endurcis ; ils sont devenus comme des pierres ou même plus durs encore ; car il y a des pierres d'ou jaillissent les ruisseaux, d'autres se fendent pour qu'en surgisse l'eau, d'autres s'affaissent par crainte d’Allah. Et Allah n'est certainement jamais inattentif à ce que vous faites. (Sourate al-Baqarah, 74)

Voudriez-vous interroger votre Messager comme auparavant on interrogea Moïse ? Quiconque substitue la mécréance à la foi s'égare certes du droit chemin. (Sourate al-Baqarah, 108)

Ceux à qui Nous avons donné le livre, le reconnaissent comme ils reconnaissent leurs enfants. Or une partie d'entre eux cache la vérité, alors qu'ils la savent ! (Sourate al-Baqarah, 146)

Comment une personne peut-elle reconnaître la
vérité et pourtant s'y opposer si fermement et
intentionnellement ?
Nous avons cité les scientifiques évolutionnistes comme exemples de ceux qui refusent Allah bien qu'ils voient les preuves évidentes de Son existence de leurs propres yeux. D. M. S. Watson, fameux zoologiste et évolutionniste britannique, explique comment lui et ses collègues ont accepté l'évolution :
S'il en est ainsi, cela présentera un parallèle à la théorie de l'évolution elle-même, une théorie qui est universellement acceptée, non pas parce qu'elle peut être prouvée par des preuves logiques, cohérentes et donc vraies, mais parce que l'unique autre éventualité, la création spéciale, est totalement impensable. (Watson, D.M.S. (1929), Adaptation. Nature : 124, pp. 231-4)
Ce que Watson appelle "création spéciale" est bien évidemment la création d’Allah. Bien entendu, ce scientifique la considère "impensable", car il est conditionné pour nier l'existence du Tout Puissant. Tous les autres évolutionnistes adoptent la même position. Dans le Coran, de tels gens sont décrits de la façon suivante :

Ils les nièrent injustement et orgueilleusement, tandis qu'en eux-mêmes ils y croyaient avec certitude. Regarde donc ce qu'il est advenu des corrupteurs. (Sourate an-Naml, 14)

Parmi les raisons du rejet de la vérité, se trouvent la vanité et l'arrogance, qui sont les formes de ananiyyah (l'individualisme). Le terme ananiyyah vient de la racine ana, qui signifie "je". Il qualifie toute personne qui considère les hommes indépendants d’Allah et qui agit selon cet état d'esprit. Un tel individu pense alors qu'il est lui-même la source de toutes ses qualités. Cependant, tout ce qu'il possède appartient à Allah, qui peut les lui reprendre quand Il veut :

Il dit : "C'est par une science que je possède que ceci m'est venu. Ne savait-il pas qu'avant lui Allah avait fait périr des générations supérieures à lui en force et plus riches en biens ? Et les criminels ne seront pas interrogés sur leurs péchés!" (Sourate al-Qasas, 78)

La vanité empêche de voir clairement. Une personne vaniteuse se pense totalement autonome. Elle ne croit pas à sa faiblesse, et ne pense pas avoir besoin d’Allah. Aussi n'éprouvet-elle pas de sentiment de responsabilité envers autrui, ce qui augmente son arrogance. Cet orgueil l'empêche de reconnaître ce que sa conscience lui dicte et elle l'étouffe à chaque occasion que son intérêt est en jeu. Accepter l'existence d’Allah lui impliquerait d'accepter l'autorité d'un Etre supérieur, de se soumettre à Lui et d'être Son serviteur. Ce faisant, elle aura confirmé que rien ne vient d'elle-même et qu'elle a besoin de l'aide d’Allah en toutes circonstances.
Ce serait une grande erreur pour chacun de ne pas se sentir concerné par ce qui a été dit jusqu'ici. Il serait faux, par exemple, de supposer que le refus de la vérité malgré la voix de la conscience n'est propre qu'aux évolutionnistes. Il n'est là qu'un type de vanité. D'autres encore n'observent pas les commandements d’Allah bien qu'ils attestent de Son existence, car ils pensent que leurs propres pensées et leurs jugements sont plus corrects que les conseils d’Allah à l'humanité, qui pourtant sont destinés à toutes les époques. La vanité peut ainsi se révéler plus ouvertement chez certaines personnes et plus secrètement chez d'autres. Apparente ou cachée, elle se fonde sur la même logique : l'incapacité de saisir l'omnipotence (son pouvoir) d’Allah, Sa grandeur absolu et notre dépendance à son égard.

Ceux qui ne suivent pas leur conscience à cause
de leur faiblesse
Nombre de gens ont une faible volonté. Puisqu'ils ne réfléchissent pas profondément et ne sentent pas le besoin de se servir de leur raison. Les gens faibles ne visent qu'à assouvir les besoins, les plaisirs et les passions éphémères. Peu sont ceux qui exercent profondément leur pensée ou qui essayent de s'améliorer. Faire preuve de moralité et vivre conformément à l'agrément d’Allah exige un sérieux effort de volonté. Il faut toujours se demander comment pouvoir faire mieux, comment pouvoir être plus humble, plus patient, plus tendre, plus concerné, plus préoccupé envers les croyants ; que faire pour davantage faire connaître la voie du salut de l'âme aux gens, les inviter à la sincérité et à l'honnêteté ; comment pouvoir les prévenir contre les croyances et les actions qui les égarent ; comment pouvoir se rapprocher davantage d’Allah. Il ne suffit pas uniquement de penser à ces questions. Il est important de faire des efforts pour mettre constamment en pratique ces principes. Celui qui ne se soucie que de son propre confort, qui ne fait pas de sacrifices et qui ne s'intéresse pas à la condition des gens autour de lui ne fera jamais l'effort nécessaire pour mettre en œuvre ce que sa conscience lui enjoint. Il est difficile pour ces personnes de faible volonté de faire un réel effort pour vivre l'Islam, donc ils l'ignorent ou le remettent indéfiniment à plus tard :

Et ceux qui recherchent l'au-delà et fournissent les efforts qui y mènent, tout en étant croyants… alors l'effort de ceux-là sera reconnu. (Sourate al-Isra, 19)

Ceux qui ne suivent pas leur conscience parce
qu'ils ne sont pas constants
Ecouter sa conscience exige une fermeté profonde. Celui qui n'a pas fermement décidé de la suivre en toutes circonstances peut être facilement découragé après quelques essais ; il jugera que ses intérêts ont été lésés parce qu'il a fait des sacrifices et qu'il n'a pas pu obtenir les résultats qu'il pensait avoir mérités. Se conformer à la conscience lui paraît donc difficile et il y renonce.
Ecouter sa conscience demande certainement des sacrifices. Par exemple, c'est en vertu de sa conscience qu'un homme nécessiteux qui a faim ne vole pas, mais a recours à d'autres voies légitimes pour satisfaire son besoin, bien que cela puisse être peu aisé pour lui. Dans ces conditions apparemment difficiles, éviter de commettre un acte désapprouvé par Allah peut être considéré comme étant une entrave. Cependant, une personne qui écoute sa conscience agit pour gagner la vie future, plutôt que bénéficier des jours limités ici-bas et se comporte de la manière que Allah approuve.
Il est à noter que ce comportement doit être effectué purement pour Allah. Si un individu recherche, par son noble comportement, une compensation de la part des hommes, il sera souvent déçu. En revanche, un acte accompli avec l'espérance d'être récompensée par Allah, apporte un gain absolu à la personne. Dans le Coran, le caractère exemplaire du croyant est décrit en ces termes :


... et offrent la nourriture, malgré son amour [pour celle-ci], au pauvre, à l'orphelin et au prisonnier, [disant]: "C'est pour le visage d’Allah que nous vous nourrissons : nous ne voulons de vous ni récompense ni gratitude. nous redoutons, de notre Seigneur, un jour terrible et catastrophique." (Sourate al-Insan, 8-10)

Fonder sa vie sur l'Islam exige inévitablement certains sacrifices. Comme cela est peu commun dans une société où les individus ne craignent nullement Allah, la misère psychique et la détresse spirituelle y règnent. Notons que ceux qui suivent leur conscience en montrant une résolution ferme en raison de la crainte d’Allah constituent des sociétés très sûres et paisibles. Les autres n'auront comme récompense que le monde d'ici-bas. Allah gratifie, dans la vie future, ceux qui font des sacrifices malgré les attaques de l'âme passionnelle :

Allah les protégera donc du mal de ce jour-là et leur fera rencontrer la splendeur et la joie et les rétribuera pour ce qu'ils auront enduré, en leur donnant le paradis et des vêtements de soie, ils y seront accoudés sur des divans, n'y voyant ni soleil ni froid glacial Ses ombrages les couvrirent de près, et ses fruits inclinés bien-bas [à portée de leurs mains]. Et l'on fera circuler parmi eux des récipients d'argent et des coupes cristallines, en cristal d'argent, dont le contenu été savamment dosé. Et là, ils seront abreuvés d'une coupe dont le mélange sera de gingembre, puisé là-dedans à une source qui s'appelle Salasabil. Et parmi eux, circuleront des garçons éternellement jeunes. Quand tu les verras, tu les prendras pour des perles éparpillées. Et quand tu regarderas là-bas, tu verras un délice et un vaste royaume. Ils porteront des vêtements verts de satin et de brocart. Et ils seront parés de bracelets d'argent. Et leur Seigneur les abreuvera d'une boisons très pure. Cela sera pour vous une récompense, et votre effort sera reconnu. (Sourate al-Insan, 11-22)

Il ne faut pas oublier que Allah promet d'assister Ses serviteurs, ceux qui se montrent endurants dans la recherche de Son agrément et de leur faciliter leurs efforts. Dans un verset, Allah dit ainsi :

Celui qui donne et craint [Allah] et déclare véridique la plus belle récompense Nous lui faciliterons la voie au plus grand bonheur. (Sourate al-Layl, 5-7)

Dans le Coran, Allah considère la fermeté comme une qualité qu'Il approuve. Dans la sourate Al-Kahf, on apprend que les jeunes croyants cités dans le verset 14 en sont pourvus, car Allah "a fortifié leurs cœurs" (Coran, 18/14). Nous lisons dans un autre verset que Allah "a obligé Son Messager et les croyants à une parole de piété" (Coran, 48/26). Dans d'autres versets encore, il est ordonné d'être ferme dans la religion :
Il est le Seigneur des cieux et de la terre et de tout ce qui est entre eux. Adore-Le donc, et sois constant dans Son adoration. Lui connais-tu un homonyme ? (Sourate Maryam, 65)

Ceux qui ne suivent pas leur conscience parce
qu'ils pensent se suffire à eux-mêmes
Ce qui pousse souvent les hommes à inhiber la voix de la conscience est qu'ils pensent se suffire à eux-mêmes en toutes circonstances. A la question de savoir ce qu'ils pensent de l'Islam, la plupart des gens répondent qu'il suffit de ne faire de mal à personne et d'essayer d'être bon. C'est de l'aveuglement pur. Ce qui est important, c'est d'être un serviteur d’Allah et de vivre conformément à Ses ordres. A moins que l'homme n'obéisse à cela, toute chose qu'il fait est sans signification et finit par lui nuire :

Eh quoi ! Celui à qui on a enjolivé sa mauvaise action au point qu'il la voit belle…? – Mais Allah égare qui Il veut, et guide qui Il veut – Que ton âme ne se répande donc pas en regrets pour eux : Allah est parfaitement savant de ce qu'ils fabriquent. (Sourate Fatir, 8)

Croire que chacune de nos actions est toujours de notre seul fait et de notre seule volonté nous donne une certaine satisfaction et embellit ce que nous entreprenons. On se considère alors bon et généreux, et l'on croit plaire à Allah. Pourtant, la vérité est autre. Se croire autonome est la meilleure façon de s'égarer :

Prenez-garde ! Vraiment l'homme devient rebelle. Dès qu'il estime qu'il peut se suffire à lui-même [à cause de sa richesse]. (Sourate al-Alaq, 6-7)

La signification linguistique du mot arabe mustaghni (suffisant) est "sans besoin, auto-satisfaction". Ce terme est utilisé dans le Coran pour décrire l'homme qui estime sa proximité à Allah, sa crainte d’Allah et de l'au-delà, ses bonnes actions et sa piété comme suffisants, et qui ne s'efforce donc pas à améliorer sa condition. La plupart des gens s'égarent de la voie d’Allah pour cette raison. Bien qu'ils croient se suffire à eux-mêmes, ils savent en effet dans leur conscience, qu' ils ne sont pas autonomes. C'est pourquoi ils évitent de parler de la mort, du jour du Jugement Dernier et de l'au-delà. Ils essayent de couper court à la conversation, dès qu'on évoque ces sujets, parce que c'est "déprimant” pour eux. La raison pour laquelle ils deviennent déprimés est qu'ils s'opposent à la réalité de leur état que leur conscience n'est pas sans ignoré :le leur rappeler les trouble.
Il n'est pas possible pour celui qui écoute sa conscience, de se croire autosuffisant, mustaghni. Au contraire, il est toujours dans la recherche du "mieux" et essaye de faire de son mieux dans toutes ses actions. Car la conscience morale de l'homme lui rappelle toujours le Jour du Jugement et le re-gard d’Allah. Lorsqu'il sait qu'il rendra des comptes à Allah pour la vie qu'il a menée ici-bas, il ne considère jamais ses actes suffisants. Il pratique assidûment et avec humilité les commandements de son Créateur.

Quiconque désire [la vie] immédiate, Nous nous hâtons de donner ce que Nous voulons, à qui Nous voulons. Puis, Nous lui assignons l'enfer où il brûlera méprisé et repoussé. Et ceux qui recherchent l'au-delà et fournissent les efforts qui y mènent tout en étant croyant. Alors l'effort de ceux-là sera reconnu. (Sourate al-Isra, 18-19)

Lutter dans le sentier d’Allah, en déployant des efforts en conséquence n'est sans nul doute rendu possible que selon la conscience morale. D'après la compréhension des ignorants, il convient de montrer un caractère "moyen" en conformité avec la tendance générale de la société. Nombreux sont ceux qui se voient suffisamment pieux tant qu'ils ne commettent pas des crimes tels que le meurtre, le viol ou le vol. Ils ne se rendent pas compte de tout ce qu'ils perdent complètement (bonnes œuvres, cultes). Ils cancanent, ils ne prient pas, ils n'essayent pas d'améliorer leur conduite et ils ne remercient pas leur Seigneur pour les faveurs qu'Il leur a accordées. Ils agissent injustement, selon leurs intérêts égoïstes, profèrent des mensonges pour dissimuler leur culpabilité, etc.. Le comportement de ces gens qui ne craignent pas de rendre des comptes dans l'au-delà est le signe de leur ignorance et de leur esprit borné.
Les Prophètes et les croyants cités dans le Coran fournissent les meilleurs exemples des plus hauts niveaux de la conscience. Le Prophète Yusuf - sur lui la paix -, par exemple, a prié Allah pour "mourir en parfaite soumission et rejoindre les vertueux" (Sourate Yusuf, 101). Bien qu'il soit un Prophète choisi d’Allah, il a invoqué l'au-delà avec crainte et espoir. Cependant, les gens ignorants parlent comme s'ils étaient sûrs de mériter le paradis. S'ils continuent à vivre dans cette arrogance aveugle, ne risquent-ils pas de connaître une fin terrible :

Avant qu'une âme ne dise : "Malheur à moi pour mes manquements envers Allah. Car j'ai été certes, parmi les railleurs ; Ou qu'elle ne dise : Si Allah m'avait guidée, j'aurais été certes, parmi les pieux ; ou bien qu'elle ne dise en voyant le châtiment : Ah ! S'il y avait pour moi un retour ! Je serais alors parmi les bienfaisants. Oh que si ! Mes versets te sont venus et tu les a traités de mensonge, tu t'es enflé d'orgueil et tu étais parmi les incroyants. Et au Jour de la Résurrection, tu verras les visages de ceux qui mentaient sur Allah, assombris. N'est-ce pas dans l'enfer qu'il aura une demeure pour les orgueilleux ?" (Sourate az-Zumar, 56-60)

Les excuses avancées pour ne pas suivre la
conscience et sa morale

"Mais l'homme sera un témoin perspicace contre lui-même quand même il présenterait ses excuses." (Sourate al-Qiyamah, 14-15)
Chacun connaît indubitablement, la vérité grâce à sa conscience supraindividuelle ; néanmoins, il y en a qui avancent sans cesse des excuses pour ne pas accomplir les actes justes. Pour cette raison, ils se trouvent dans un état de malaise perpétuel. C'est en effet un fardeau intolérable pour la conscience d'une personne de commettre des actes en sachant qu'ils sont faux. Satan, cependant, leur enjolive leurs mauvaises actions et leur présente diverses façons de boucher leurs oreilles à la voix véridique qui est à l'intérieur d'eux. Alors qu'il est possible de mener une vie paisible en exerçant la justice, ces gens choisissent la voie difficile en couvrant leur conscience. Ceux qui suivent les pas de satan prétendent être sur la voie droite et avancent diverses excuses pour se comporter contrairement à l'Islam (la conformité au Divin). Certaines des excuses sont les suivantes :

“C'est le contenu du cœur qui importe”
Beaucoup de personnes ont développé une certaine résistance. Leur conscience confirme le vrai, alors que leur égo al- nafs les appelle au faux. Au point où lorsqu'ils hésitent à agir injustement, leur égo al-nafs intervient tout à coup et leur présente diverses excuses. En l'écoutant, ils se sentent soulagés et se convainquent qu'ils ne doivent pas trop réfléchir : ce qu'ils font n'est pas si grave. C'est même très insignifiant. Rien de mal ne s'en suivra. Leur cœur est si pur qu'ils ne seront pas affectés et resteront de bons hommes, tant qu'ils ne commettent aucun acte "grave" comme le meurtre ou le vol.
C'est pourquoi la majorité des gens peut facilement mentir, médire et se moquer des autres. Le mensonge est en totale contradiction avec la conscience de l'homme. Cependant, les gens feignent de ne pas entendre la voix qui leur commande la justice. Bien qu'ils ne pratiquent aucun acte d'adoration et ne suivent pas la moralité prescrite par l'Islam, ils pensent être des personnes justes et bienfaisantes. Cette approche est peu sincère et erronée.
A moins que la personne ne suive sa conscience morale, elle ne peut pas espérer une bonne récompense dans la vie future. En Elle peut prétendre, dans ce bas monde, avoir un cœur pur et être reconnue comme étant une bonne personne. Toutefois, elle doit s'attendre à tout autre chose dans l'au-delà. L'Islam n'interdit pas seulement le meurtre, le vol, l'adultère, etc. Il est par ailleurs des actes à accomplir et d'autres à éviter. L'Islam commande avant tout à l'homme d'être le serviteur d’Allah et de vivre pour Lui. Dans le Coran, Allah définit la "bonté pieuse" en ces termes :

La bonté pieuse ne consiste pas à tourner vos visages vers le Levant ou le Couchant. Mais la bonté pieuse est de croire en Allah, au Jour Dernier, aux Anges, au Livre et aux prophètes, de donner de son bien, quelqu'amour qu'on en ait, aux orphelins, aux nécessiteux, aux voyageurs indigents et à ceux qui demandent l'aide et pour délier les jougs, d'accomplir la prière et d'acquitter la zakât. Et ceux qui remplissent leurs engagements lorsqu'ils se sont engagés, ceux qui sont endurants dans la misère, la maladie et quand les combats font rage, les voilà les véridiques et les voilà les vrais pieux!" (Sourate al-Baqarah, 177)
Au lieu de se comparer aux prophètes ou aux gens vertueux décrits ci-dessus et d'essayer de s'améliorer, beaucoup de personnes se comparent aux oppresseurs injustes dans l'histoire, en disant : "Je ne suis pas aussi mauvais qu'eux. Je ne mérite donc pas la même punition." L'ignorance explique cette attitude. Allah a créé l'enfer avec différents niveaux. Chacun sera récompensé en fonction de ce qu'il a acquis ici-bas. Il faut noter que même la couche la plus élevée de l'enfer est une source de supplice insupportable, qui durera éternellement.
Donc, ceux qui disent : "Rien n'en sortira" ou "c'est le contenu de mon cœur qui importe et non pas ce que je fais en apparence" doivent penser à l'enfer, reconsidérer leurs décisions et écouter leur conscience morale.

"Le Coran ne le mentionne pas"
Il y a une idée fausse mais bien répandue : si tel ou tel acte n'est pas spécifiquement mentionné dans le Coran, à chacun de juger s'il est possible de l'accomplir ou non. Eviter de commettre une action considérée comme juste par la conscience morale parce qu'elle n'est pas mentionnée dans le Co-ran n'est rien d'autre que l'hypocrisie. Le Coran nous fournit la connaissance fondamentale pour vivre l'Islam et gagner l'agrément d’Allah. En outre, le Coran nous commande de suivre l'exemple du Prophète Mohammed (pbsl). Une personne sage essayera sincèrement de mener sa vie selon ces préceptes.
Dans le Coran, par exemple, Allah commande aux croyants de ne pas gaspiller leur temps :

... et quand ils entendent des futilités, ils s'en détournent et disent : "A nous nos actions, et à vous les vôtres. Paix sur vous. Nous ne recherchons pas les ignorants." (Sourate al-Qasas, 55)

Bienheureux sont certes les croyants ceux qui sont humbles dans leur prière, qui se détournent des futilités. (Sourate al-Muminune, 1-3)

Bien que le Coran ne spécifie pas exactement ce qui est considéré frivole, Allah a accordé la bonne conscience et la sagesse à Ses serviteurs sincères pour discerner, les futilités et les éviter. Chaque personne en est individuellement responsable.
Une personne de conscience n'entamera pas une conversation futile, laissant de côté des sujets tels que la grandeur d’Allah et la beauté de Sa création, en compagnie des gens qui ont une connaissance limitée de la religion. Sa conscience l'incitera certainement à parler avec eux de la façon la plus avantageuse pour leur situation dans l'au-delà et pour la sienne. Un musulman ne devrait jamais accomplir une action qu'il croit être vaine pour son au-delà, comme la lecture de magazines inutiles, regarder des programmes stupides à la télévision ou toute autre baliverne qui éloigne les gens du rappel d’Allah.
Lorsque dans une journée il faut faire des choix, on doit utiliser sa conscience morale pour trancher de la meilleure manière. Autrement, on peut penser qu'il est convenable d'agir avec la logique et de se dire : "Cet acte n'est pas interdit dans le Coran." On doit pourtant savoir qu'à moins d'agir en conformité avec l'agrément Divin en écoutant sa conscience morale et en prenant le messager d’Allah comme exemple, on se risque à un destin épouvantable dans l'au-delà. Plus grave encore, on ne sera pas capable de présenter les excuses aux-quelles on peut avoir recours ici-bas quand on rendra des comptes le Jour du Jugement Dernier. Ce jour-là, on dira à chaque homme :

"Lis ton écrit. Aujourd'hui, tu te suffis d'être ton propre témoin" (Sourate al-Isra, 14)

Ils diront :

"Notre Seigneur, Tu nous as fait mourir deux fois, et redonné la vie deux fois : nous reconnaissons donc nos péchés. Y a-t-il un moyen d'en sortir ?" ... Il en est ainsi car lorsque Allah était invoqué seul [sans associé], vous ne croyiez pas ; et si on Lui donnait des associés, alors vous croyiez. Le jugement appartient à Allah, Le Très Haut, Le Très Grand. (Sourate Gafir, 11-12)

Peu s'en faut que, de rage, il n'éclate. Toutes les fois qu'un groupe y est jeté, ses gardiens leur demandent : Quoi ! ne vous est-il pas venu d'avertisseur ? Ils dirent : "Mais si ! Un avertisseur nous était venu certes, mais nous avons crié au mensonge et avons dit : 'Allah n'a rien fait descendre : vous n'êtes que dans un grand égarement.' Et ils dirent : "Si nous avions écouté ou raisonné, nous ne serions pas parmi les gens de la Fournaise." Ils ont reconnu leur péché. Que les gens de la Fournaise soient anéantis à jamais. (Sourate al-Mulk, 8-11)

"Tout le monde fait la même chose"
Suivre la majorité est l'une des plus grandes erreurs que l'on puisse faire dans une vie. Chacun croit, inconsciemment que la majorité a raison.
Néanmoins, la plupart des gens peuvent avoir une compréhension très superficielle et faussée de l'Islam. Ils peuvent affirmer leur croyance en Allah et en l'au-delà, sans pour autant réfléchir à sa signification. Ils respectent les valeurs religieuses selon leur propre compréhension, mais ils expriment leur respect verbalement et non pas pratiquement. Ils pensent que la plupart des commandements de l'Islam ne sont plus obligatoires aujourd'hui. Selon cette mentalité, comme nous l'avons mentionné plus haut, il suffit qu'un homme ait "un cœur pur" et qu'il ne nuise à personne pour être "pieux". Il pourra attendre la vieillesse pour pratiquer.
Beaucoup de musulmans ont une telle compréhension erronée. Rien ne permet d'affirmer que la majorité a toujours raison et prend toujours la bonne décision. Au contraire, le Coran nous rapporte la mise en garde suivante :
Et si tu obéis à la majorité de ceux qui sont sur la terre, ils t'égareront du sentier d’Allah : ils ne suivent que la conjecture et ne font que fabriquer des mensonges. (Sourate al-Anam, 116)

Il apparaît donc que la conscience doit être le seul guide pour une personne dans la manière dont elle mène sa vie et pratique le Coran. Qui agit selon sa conscience n'attache jamais de l'importance à ce que la majorité dit ou fait. Il continue à écouter la voix de sa conscience et à suivre le livre d’Allah, même s'il se trouve seul sur ce chemin.
"Suivre le troupeau" représente un danger de nos jours. Une fois qu'une personne décide d'appliquer ce que sa conscience lui dicte, ni l'attitude, ni le point de vue de ceux qui l'entourent ne doivent l'affecter ou la détourner de son but. Chacun d'entre nous est responsable de faire ce que sa conscience et le Coran lui ordonnent. Il ne faut pas oublier que Allah met Ses serviteurs à l'épreuve. Un ami, par exemple, par lequel Allah nous épreuve, peut essayer de nous convaincre d'abandonner une décision juste que nous avons prise. Il est fait référence dans le Coran à ce genre d'amis :

Malheur à moi ! Hélas ! Si seulement je n'avais pas pris "un tel" pour ami!… Il m'a, en effet, égaré loin du rappel [le Coran], après qu'il me soit parvenu. Et le Diable déserte l'homme [après l'avoir tenté]. (Sourate al-Furqane, 28-29)

"Je le ferai dans l'avenir"
Bon nombre de gens pensent accomplir les actes d'adoration tels que le pèlerinage et les prières régulières pendant leur vieillesse. C'est parce que, consciemment ou pas, ils croient qu'ils seront privés de tous les plaisirs temporels en adoptant un mode de vie Islamique. Cependant, Allah déclare dans nombre de versets du Coran qu'Il étend Ses faveurs aux croyants dans ce monde et dans l'au-delà :

Et quand vous aurez achevé vos rites, alors invoquez Allah comme vous invoquez vos pères, et plus ardemment encore. Mais il est des gens qui disent seulement : "Seigneur ! Accorde-nous [le bien] ici-bas ! Pour ceux-là, nulle part dans l'au-delà. Et il est des gens qui disent : "Seigneur ! Accorde-nous belle part ici-bas, et belle part aussi dans l'au-delà ; et protège-nous du châtiment du Feu!" Ceux-là auront une part de ce qu'ils auront acquis. Et Allah est prompt à faire rendre compte. (Sourate al-Baqarah, 200-202)

Pour qu'une personne puisse apprécier les faveurs d’Allah, elle doit avoir la paix dans le cœur. Celui dont le cœur est agité ne sera pas capable de reconnaître les bénédictions innombrables d’Allah par lesquelles il est entouré, ni même d'y prendre plaisir. Les gens qui disent "je le ferai dans l'avenir" connaissent en fait la juste conduite et savent qu'ils devront changer leurs vies entières selon elle, s'ils écoutent leur conscience. Ils savent que, quand ils commencent à accomplir les prières régulièrement, la voix de leur conscience deviendra encore plus forte et ils auront honte de leurs mauvais actes. Le verset suivant indique que les prières guident chacun sur le droit chemin

Récite ce qui t'est révélé du Livre et accomplis la prière. En vérité la prière préserve de la turpitude et du blâmable. Le rappel d’Allah est certes ce qu'il y a de plus grand. Et Allah sait ce que vous faites. (Sourate al-Ankabut, 45)

Les gens qui comprennent cette vérité essayent d'échapper aux responsabilités qu'impliquent les actes d'adoration en trouvant des excuses : "Je les accomplirai quand je me marierai, quand j'aurai plus d'argent, quand mes enfants grandiront, etc." Cependant, le Jour des Comptes, l'homme rendra des comptes :

Vers ton Seigneur sera, ce jour-là, le retour. L'homme sera informé ce jour-là de ce qu'il aura avancé et de ce qu'il aura remis à plus tard. (Sourate al-Qiyamah, 12-13)

Remettre à plus tard est caractéristique des gens qui ne réfléchissent pas à la mort et à sa proximité. Nous ne savons pas quand, où et comment nous allons mourir. Nous savons tous que la mort ne frappe pas seulement les vieillards. Plusieurs personnes de tous les âges meurent de diverses causes, beaucoup d'entre eux perdent la vie d'une manière soudaine et inattendue. En lisant ce livre dans votre maison, vous pouvez vous sentir en sûreté. Néanmoins une chute dans les escaliers, un accident domestique ou une crise cardiaque pourraient causer votre mort à tout moment.
A la lumière de cette connaissance, comment est-il possible de remettre si aisément ce que la conscience commande ? Allah déclare que quiconque voit l'ange de la mort sera pris d'un grand remords pour les choses qu'il a remises ici-bas et dira : "Je regrette de ne pas avoir fait telle et telle chose." C'est un remords inconsolable sans aucune chance de retour.

Le jour où l'injuste se mordra les mains et dira : "[Hélas pour moi!] Si seulement j'avais suivi chemin avec le Messager!… Malheur à moi ! Hélas Si seulement je n'avais pas pris 'un tel' pour ami!… Il m'a, en effet, égaré loin du rappel [le Coran] après qu'il me soi parvenu. Et le Diable déserte l'homme [après l'avoir tenté]." (Sourate al-Furqane, 27-29)

Allah ne punit pas les mauvais actes immédiatement, ce qui trompe les hommes et les pousse à croire qu'ils auront assez de temps pour réparer leurs torts. Si Allah avait puni chaque acte vil, au moment où il a été commis, personne ne récidiverait. Cependant, le fait que la punition soit remise est une épreuve pour distinguer ceux qui se conformeront à la vérité, qui se repentiront et se corrigeront, de ceux qui continueront dans l'erreur et ses méfaits. La chance que nous accord’Allah pour nous réformer dans cette vie est une mani-festation de Sa miséricorde éternelle :
C'est Lui qui nous a installés, par Sa grâce, dans la demeure de la stabilité, où nulle fatigue, nulle lassitude ne nous touchent. (Sourate Fatir, 35)

Les gens ne doivent pas se laisser trompés par le fait que Allah ne châtie pas les mauvaises actions immédiatement, parce qu'ils seront assurément punis dans l'au-delà. Allah dit:

Ne vois-tu pas ceux à qui les conversations secrètes ont été interdites ? Puis ils retournent à ce qui leur a été interdit, et se concertent pour pécher, transgresser et désobéir au Messager. Et quand ils viennent à toi, ils te saluent d'une façon dont Allah ne t'a pas salué, et disent en eux-mêmes : "Pourquoi Allah ne nous châtie pas pour ce que nous disons ?" L'enfer leur suffira, où ils brûleront. Et quelle mauvaise destination ! (Sourate al-Mujadalah, 8)

Ceux qui évitent de penser à l'au-delà peuvent essayer d'apaiser leur conscience avec diverses excuses et mensonges. Rien de tout cela ne sera cependant acceptable au Jour des Comptes. Mentir à soi-même peut apporter une paix relative et aider l'homme à s'échapper de la vérité, mais seulement pour un temps. Il convient, cependant, de garder un point à l'esprit :

… tandis que ceux à qui le savoir et la foi furent donnés diront : Vous avez demeuré d'après le Décret d’Allah, jusqu'au Jour de la Résurrection, voici le Jour de la Résurrection. Mais vous ne saviez point. Ce jour-là donc, les excuses ne seront pas utiles aux injustes et on ne leur demandera pas à chercher à plaire à [Allah]. (Sourate ar-Rum, 56-57)

Au jour où leur excuse ne sera pas utile aux injustes, tandis qu'il y aura pour eux la malédiction et la pire demeure. (Sourate Gafir, 52)


LA DEMEURE DES GENS DE CONSCIENCE DANS CE MONDE ET DANS LE PARADIS


La plupart des gens ont une croyance déficiente : ils pensent qu'ils perdront certains bénéfices en prati-quant les commandements de la religion, en faisant des sacrifices, en étant honnête et en suivant leur conscience. C'est une idée totalement fausse, puis-que Allah a promis une vie éternelle dans le paradis à tous ceux qui se conforment à Ses ordres et vivent en les respectant. C'est le plus grand de tous les profits. Outre cette vie magnifique qui continuera éternellement, Allah déclare que les croyants mèneront une bonne vie dans le monde d'íci-bas :

Quiconque, mâle ou femelle, fait une bonne œuvre tout en étant croyant, Nous lui ferons vivre la bonne vie. Et Nous les récompenserons, certes en fonction des meilleures de leurs actions. (Sourate an-Nahl, 97)

Et on dira à ceux qui étaient pieux : "Qu'a fait descendre votre Seigneur?" Ils diront : "Un bien." Ceux qui font les bonnes œuvres auront un bien ici-bas ; mais la demeure de l'au-delà est certes meilleure. Combien agréable sera la demeure des pieux ! (Sourate an-Nahl, 30)

La prospérité matérielle et spirituelle
Allah accorde la richesse matérielle et spirituelle aux croyants dans le monde. Il y a, cependant, une conception erronée qui prétend que les croyants vivent toujours dans la pauvreté. Or beaucoup de versets coraniques se réfèrent à la prospérité et au pouvoir que Allah a fourni aux pieux dans toute l'histoire. Il a donné, par exemple, de grands royaumes dans ce monde au Prophète Sulayman, au Prophète Daoud, au Prophète Yusuf, au Prophète Dhu'l-Qarnayn et au Prophète Ibrahim, que la paix soit sur eux tous.
Quant au dernier messager d’Allah à l'humanité, le Prophète Muhammad (pbsl), Allah lui dit :

Ne t'a-t-Il pas trouvé pauvre ? Alors qu'Il t'a enrichi. (Sourate ad-Duha, 8)

Cependant, l'enrichissement n'est pas nécessaire-ment matériel. Le Prophète Muhammad - sur lui la grâce et la paix - était le meilleur des hommes dans sa dévotion à Allah et son ardeur pour l'Islam. Une telle prospérité est plus importante qu'une richesse matérielle, car c'est cette richesse spirituelle qui lui a permis de recon-naître les bénédictions d’Allah, d'avoir beaucoup d'espoir pour le paradis et de craindre la punition. En d'autres termes, son cœur était si pur qu'il n'a jamais senti la perte des bénéfices temporels ni ne les a désirés.
La prospérité, la gloire et la beauté sont les caracté-ristiques du paradis. Pour leur rappeler le paradis et augmenter leur désir, Allah en accorde une certaine quantité aux gens dans le monde. Il est aussi vrai que Allah peut éprouver les hommes en les privant de la richesse. Les vrais croyants savent que Allah étend ses faveurs à qui Il veut, autant qu'Il veut et ils sont tous satisfaits de ce qu'ils possèdent. Parce qu'ils pensent à l'au-delà, rien ne les tourmente dans la courte vie de ce monde. Ils remercient Allah en toutes circonstances et désirent l'au-delà. Allah dit dans le Coran :

Allah étend largement Ses dons ou [les] restreint à qui Il veut. Ils se réjouissent de la vie sur terre, mais la vie d'ici-bas ne paraîtra que comme une jouissance éphémère en comparaison de l'au-delà. (Sourate ar-Raad, 26)

La bénédiction la plus importante que Allah ac-corde aux vrais croyants est le bien-être spirituel. Comme récompense à leur effort d'écouter leur conscience et de rechercher Son agrément, ils n'éprouvent aucune détresse dans leurs cœurs. Ils jouissent d'un état d'âme paisible et sûr. Ils sont honnêtes et sincères. Puisqu'ils ne craignent et ne révèrent que Allah, ils ne sont jamais en proie à la détresse, au souci et à la crainte. Ils sont heureux, détendus et joyeux puis qu'ils n'ont pas d'ambitions temporelles.
Dans plusieurs de Ses versets, Allah mentionne à ceux qui sont couronnés de succès :

Il [appartient également] à ceux qui, avant eux, se sont installés dans le pays et dans la foi, qui aiment ceux qui émigrent vers eux, et ne ressentent dans leurs cœurs aucune envie pour ce que [ces immigrés] ont reçu, et qui [les] préfèrent à eux-mêmes, même s'il y a pénurie chez eux. Quiconque se prémunit contre sa propre avarice, ceux-là sont ceux qui réussissent. (Sourate al-Hasr, 9)

Réussit, certes, celui qui se purifie, et se rappelle le nom de son Seigneur, puis célèbre la prière. (Sourate al-Ala, 14-15)

Puis quand la prière est achevée, dispersez-vous sur terre, et recherchez [quelque effet] de la grâce d’Allah. Et invoquez beaucoup Allah afin que vous réussissiez. (Sourate al-Munafiqun, 10)

Les gens de conscience ne peuvent se sentir à l'aise qu'avec ceux qui ont des attitudes semblables aux leurs. Pour qu'une personne se lie d'amitié avec une autre, elle doit apprécier son caractère et ses maniè-res. Ceux qui suivent les désirs et les passions de leurs âmes sont toujours éloignées, dans leurs faits et gestes, d’Allah : dans les décisions qu'ils pren-nent, les manières qu'ils adoptent, les conversations auxquelles ils participent. Quiconque veut se rap-procher d’Allah les évite pour préférer les milieux qui plairont à Allah. Tel est l'ordre d’Allah :
Fais preuve de patience [en restant] avec ceux qui invoquent leur Seigneur matin et soir, désirant Sa face. Et que tes yeux ne se détachent point d'eux, en cherchant [le faux] brillant de la vie sur terre. Et n'obéis pas à celui dont Nous avons rendu le cœur inattentif à Notre rappel, qui poursuit sa passion et dont le comportement est outrancier. (Sourate al-Kahf, 28)

Lorsqu'un homme éprouve une grande aspiration pour l'au-delà, il essaye d'établir un milieu sembla-ble à celui du paradis dans le monde ici-bas. Il parle avec les croyants comme s'il parlait avec les gens du paradis. Il les regarde comme s'il regardait les lu-mières du paradis. Il ne dit pas une chose qu'il ne ferait pas dans le paradis. Il n'a pas de mauvaises pensées. Il essaie de maintenir la plus grande pureté possible dans le monde d'ici-bas. Il cherche à éli-mi-ner tout ce qui n'existerait pas dans le paradis - comme les caractéristiques particulières à l'enfer (saleté, mensonge, dureté etc.)
En suivant sa conscience, l'homme s'apprête à vi-vre dans le paradis et se prépare à en être digne. Dans un verset du Coran, Allah déclare que ceux qui ac-complissent de bonnes actions préparent leur place dans le paradis :

Celui qui aura mécru subira [les conséquences] de son infidélité. Et quiconque aura œuvré en bien… C'est pour eux-mêmes qu'ils préparent [leur avenir]. (Sourate ar-Rum, 44)

Allah donne aux gens doués de d'intelligence qu'Il a pourvus de beautés spirituelles dans ce monde, les bonnes nouvelles du paradis qui sera, leur demeure éternelle après la mort. Le paradis est l'endroit où se réunissent ces gens au niveau de conscience le plus haut, qui ont toujours suivi la voix qui les a dirigés sur le droit chemin pendant toute l'histoire. Dans le paradis, il n'y aura pas place pour tout ce qui est contraire à la vérité, qui se manifestait dans la conscience. Le paradis sera dominé par la joie et le bonheur entre ceux qui ont été récompensés par le meilleur de ce qu'ils ont fait et cette demeure du-rera pour toujours.

Ce jour-là, aucune âme ne sera lésée en rien. Et vous ne serez rétribués que selon ce que vous faisiez. Les gens du paradis seront, ce jour-là, dans une occupation qui les remplit de bonheur ; eux et leurs épouses sous des ombrages, accoudés sur les divans. Là ils auront des fruits et ils auront ce qu'ils réclameront, Salâm [paix et salut]! Parole de la part d'un Seigneur très miséricordieux. (Sourate Ya-Sin, 54-58)


LA DEMEURE DE CEUX QUI NE
SUIVENT PAS LEUR CONSCIENCE


Il est dans la société une idée fausse, comme nous l'avons déjà dit, selon laquelle les intérêts de l'homme seront lésés s'il suit sa conscience Ainsi en évitant les directives de la conscience, on pourrait satisfaire ses propres désirs, protéger ses intérêts et ses profits. C'est une idée perverse qui fait perdre le monde d'ici-bas et l'au-delà.
La conscience obéit à Allah, elle est totalement hors du contrôle de l'homme. Quelle que soit sa déci-sion, sa conscience ne le quitte jamais et lui dit toujours la vérité. Entendre la vérité et ne pas la suivre cause un grand trouble, qui ne ressemble à aucune autre forme de détresse, puisqu'elle est la détresse que Allah envoie à ses créatures en échange de ce qu'elles ont commis - qui est aussi une occa-sion de prendre conscience de leurs erreurs et de les corriger. Dans le Coran, Allah fait mention de trois hommes qui ont souffert parce qu'ils n'ont pas suivi leur conscience. Leur attachement à ce monde les a empêché d'accompagner les musulmans au cours d' une campagne. Ils ont profondément re-gretté leur négligence, ont pu à peine supporter la dé-tresse, se repentant par la suite avec la plus grande sincérité.

Et [Il accueillit le repentir] des trois qui étaient restés à l'arrière si bien que, toute vaste qu'elle fût, la terre leur paraissaient exiguë ; ils se sentaient à l'étroit, dans leur propre personne et ils pensaient qu'il n'y avait d'autre refuge que Allah qu'auprès de Lui. Puis Il agréa leur repentir pour qu'ils reviennent [à Lui]. Car Allah est l'Accueillant au repentir, le Miséricordieux. (Sourate at-Tawbah, 118)

C'est comme le cas du Prophète Yunus – sur lui la paix –, un messager loué d’Allah qui quitta son peuple faute d'avoir été écouté. Quelque temps plus tard, ayant subi la souffrance d'une grande détresse, il a compris qu'il avait eu tort de les avoir abandonnés ; il a éprouvé un grand remords et s'est repenti à son Seigneur. Allah a accueilli son repentir et l'a envoyé à une nouvelle communauté comme mes-sa-ger :

Et Dhu'n-Nun [Jonas] quand il partit, irrité. Il pensa que Nous N'allions pas l'éprouver. Puis il fit, dans les ténèbres, l'appel que voici : "Pas de divinité à part Toi ! Pureté à Toi ! J'ai été vraiment du nombre des injustes." Nous l'exauçâmes et sauvâmes de son angoisse. Et c'est ainsi que Nous sauvons les croyons. (Sourate al-Anbiya, 87-88)

Endure avec patience la sentence de ton Seigneur, et ne sois pas comme l'homme au poisson [Jonas] qui appela [Allah] dans sa grande angoisse. Si un bienfait de son Seigneur ne l'avait pas atteint, il aurait été rejeté honni sur une terre déserte. (Sourate al-Haqqah, 48-49)
Les deux exemples cités ci-dessus sont au sujet des croyants qui se sont repentis à cause du remords et ont été sauvés. Ces exemples nous montrent que, afin de trouver la paix, il faut absolument que l'homme suive sa conscience et revienne repentant vers Allah quand il commet une faute. Celui qui fait le contraire sera en proie au chagrin et à l'inquiétude tout au long de sa vie.
Néanmoins, il y a beaucoup de personnes qui, mal-gré le remords qu'elles ressentent, continuent à résister à la vérité qui est en eux. Elles essayent de faire taire la voix provenant de leur for intérieur en avançant mille excuses. Dans le Coran, Allah décrit la détresse intérieure et le vide spirituel éprouvés par ceux qui ne suivent pas leur conscience et dont les cœurs sont insensibles au message de l'Islam en ces termes :

[Soyez] exclusivement [acquis à la religion] d’Allah ne Lui associez rien ; car quiconque associe à Allah, c'est comme s'il tombait du haut du ciel et que les oiseaux le happaient, ou que le vent le précipitait dans un abîme très profond. (Sourate al-Hajj, 31)

Et puis, quiconque Allah veut guider, Il lui ouvre la poitrine à l'Islam. Et quiconque Il veut égarer, Il rend sa poitrine étroite et gênée, comme s'il s'efforçait de monter au ciel. Ainsi Allah inflige Sa punition à ceux qui ne croient pas. (Sourate al-Anam, 125)

Leur âme ne peut, en outre, jamais être satisfaite. Même s'ils acquièrent tout ce qu'ils désirent en ce monde, ils ne se sentent jamais satisfaits. C'est parce que Allah a créé l'âme de l'homme de façon à ce qu'elle ne soit satisfaite qu'en suivant sa cons-cience morale et en gagnant l'agrément d’Allah.

… ceux qui ont cru, et dont les cœurs se tranquillisent à l'évocation d’Allah. N'est-ce point par l'évocation d’Allah que se tranquillisent les cœurs ? (Sourate ar-Raad, 28)

Tout comme une personne de conscience est tou-jours entourée de gens de conscience, une personne malfaisante est condamnée à avoir en sa compagnie de mauvaises personnes, qui suivent les pas de satan. Ceux qui ne se conforment pas au droit chemin bien qu'ils sachent la vérité, qui répugnent aux sacrifices, qui agissent injustement, qui envient, qui ridiculisent les autres, qui font preuve d'arrogance, qui ont de mauvaises habitudes bénéficieront du même traitement en retour. De tels comportements sont la cause d'ambiances délétères : on ne sait plus à qui faire confiance. Il n'existe pas de fidélité, ni de bienveillance ni de réelle amitié. Personne ne fait de sacrifice de soi. Ainsi, c'est l'enfer. Parfois ces mau-vais individus ne peuvent même pas comprendre la raison de la détresse dans laquelle ils sont noyés. Sorte de pénalité d’Allah, faute d'avoir suivi leur conscience morale, ils vivent une vie insatisfaisante, agitée et déplaisante. Ce n'est là que ce qu'ils subissent ici-bas. Le chagrin éternel qu'ils risquent de supporter dans l'au-delà sera horrible et redoutable, comparé à celui de leur vie sur Terre.
Ce jour-là donc, nul ne saura châtier comme Lui châtie, et nul ne saura garrotter comme Lui garrotte. (Sourate al-Fajr, 25-26)

Tout comme les gens de conscience préparent leurs places dans le paradis, les mauvaises personnes préparent leurs places en enfer :

Et ils te demandent de hâter [la venue] du châtiment. S'il n' y avait pas eu un terme fixé, le châtiment leur serait certes venu. Et assurément, il leur viendra soudain, sans qu'ils en aient conscience. Ils te demandent de hâter [la venue] du châtiment, tandis que l'enfer cerne les incroyants de toutes parts. Le jour où le châtiment les enveloppera d'en haut et sous leurs pieds. Il [leur] dira : "Goûtez à ce que vous faisiez." (Sourate al-Ankabut, 53-55)